Depuis que Shakespeare, voilà quatre siècles, mit ces paroles dans la bouche de Marcellus, le compagnon d’Hamlet, nous le savons tous : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark. »

Pourtant, c’est tout aussi connu, on ne fait pas plus sain que ces gens-là : aérés par les vents de la mer du Nord et de la Baltique, nourris de harengs et de vélo (40 % de cyclistes à Copenhague l’an passé), champions de l’architecture verte, leaders dans le développement durable, palme d’or des éoliennes, les Danois ont tous le cheveu blond, le teint frais et les cuisses roses.

D’où la vague d’indignation qui nous a saisis en apprenant que nos amis Vikings avaient décidé d’euthanasier un petit girafon d’un an et demi, nommé Marius, c’est-à-dire à peu de choses près encore au sein haut perché de sa mère. Certes, il n’est également un secret pour personne que ces gens du Nord, beaux et sains, se laissent parfois aller aux politiques sélectives à tendance eugéniste : des vieillards cacochymes et sélection des avortons. Par Tor et par Odin, il faut avant tout que le corps exulte ! L’épanouissement sexuel des Danoises fit d’ailleurs rêver toute l’ au détour des années 60.

Bref, Marius en a pâti. En effet, le zoo de Copenhague s’étant penché sur le génétique du girafon a jugé que les gènes de celui-ci étaient « trop peu originaux pour lui permettre de se reproduire ». Une autre solution, moins définitive, a bien été envisagée : la castration, mais elle a été « jugée plus cruelle » que la mort, et surtout susceptible d’entraîner « des effets secondaires indésirables ». Des fois que le girafon se mette à ressembler à un gros chat coupé, forcément… Mais on voit bien là la philosophie de la démarche : si pas zizi panpan, au trou !

Les internautes, émus, ont protesté et même pétitionné. Rien n’y a fait, l’eugénisme a triomphé : Marius a été exécuté avec un pistolet d’abattage, puis autopsié sous l’œil attentif des visiteurs, parmi lesquels de nombreux enfants. Enfin, le girafon a été dépecé devant les caméras des danois et ses restes distribués à ses camarades de captivité, les fauves du zoo de la ville.

Mais l’affaire n’est pas terminée. On apprend qu’un second girafon, nommé lui aussi Marius, s’apprête à subir le même sort. En cause, cette fois, un ménage à trois : Marius 2, âgé de 7 ans, est déjà en ménage avec un petit jeune nommé Elmer. Marius 2 et Elmer sont un couple cohabitant. Les Danois voudraient qu’ils se reproduisent, mais bien qu’Elmer aime Marius et bien que les Danois aient adopté depuis le 15 juin 2012 le « mariage pour personnes de même sexe », l’enfant tarde à venir. Il est donc question de leur mettre une girafonne entre les pattes.

« Nous ne pouvons pas avoir deux mâles et une femelle. Ils vont se battre entre eux », a dit la responsable du zoo, et comme le pauvre Marius 2 n’est aux yeux de la génétique qu’un vieux dégoûtant concupiscent, on envisage de le dégager lui aussi de la circulation. « Si on nous demande de l’euthanasier, évidemment on le fera », a ajouté la dame.

Bref, on voit se profiler un crime odieusement sexiste et homophobe alors qu’une petite pourrait régler tout ça…

15 février 2014

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