Les révélations fracassantes et récentes faites par Mediapart concernant les écoutes de la NSA auraient dû être suivies de prolongements tout aussi détonants. Mais on attend en vain !

Edwy Plenel aurait-il été muselé aussitôt qu’entendu par les barbouzes américaines ? Cependant, Laurent Joffrin, son comparse en contre-écoutes, pouvait dupliquer les « scoops » dans Libération. On se perd en conjectures. Peut-être menacés, auraient-ils tous les deux demandé asile à l’ambassade d’Équateur à Londres ? Car , la source primaire des informations, est cloîtré là depuis trois ans, ce qui ne laisse pas d’étonner le quidam que je suis. Comment un homme reclus dans une ambassade aussi modeste, d’un pays que l’on redécouvre opportunément dans la canicule de l’été, peut-il encore menacer les États-Unis de ses révélations ?

En outre, le défi que ce petit refuge latino continue de lancer au géant du nord reste une énigme, quand bien même la bénédiction de François – le pape – venu cette semaine sur ses terres renforcerait sa résistance.

Ou bien Assange est un documentaliste exceptionnel qui a enregistré et conservé ses secrets volés pour les divulguer selon un tempo qu’il veut maîtriser en fonction de la conjoncture internationale. Ou bien il a encore les moyens, depuis son modeste refuge, de traquer les données de la NSA. En liaison haut débit fournie par ses hôtes ? Ou via le MI6 britannique ? WikiLeaks, toujours aussi intrusif et défiant l’aigle yankee depuis un repaire de 80 m2, voilà une performance humaine mais surtout technologique qui doit faire trembler de rage les grandes oreilles sous leur casque de cow-boy.

Ce grand lanceur d’alerte vient de demander l’asile à la France, par une requête directe à François Hollande, arguant que « seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la protection nécessaire contre, et exclusivement contre, les persécutions politiques dont je fais aujourd’hui l’objet » (sic). Argument un rien ésotérique quand on sait qu’il est par ailleurs poursuivi pour des affaires de mœurs. La réponse négative de notre Président n’est pas moins obscure, prétendant que la « situation de l’intéressé ne présente pas de danger immédiat ». Pour qui ? Pour l’Équateur qui commencerait à trouver lourd le fardeau d’un squatter un peu gênant, ou pour les États-Unis dont les secrets n’ont plus de secret pour personne ?

La réponse de l’Élysée laisse plus que circonspect. Si Assange avait aussi dans son sac à mémoires obscures quelques données truculentes concernant les escapades sentimentales de l’actuel résident du Palais – et pourquoi pas, aussi, de ses prédécesseurs ? -, le garder sous contrôle à serait pourtant plus sûr que de risquer de nouvelles fuites venant de Londres. N’est-il pas ?

Sauf que la surveillance de la DGSI sur les comportements d’individus fichés a montré récemment, et malencontreusement, de fâcheuses lacunes que le ministre Cazeneuve a sûrement resusurrées à l’oreille du Président avant que celui-ci ne publie son communiqué.

Le cas de la Grèce, en cure d’amaigrissement prolongée, résolu avant les grandes vacances, on attend avec impatience la suite de la saga Mediapart et le retour d’Edwy, le détective moustachu façon Dupont (ou Dupond) sur les plateaux.

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