Editoriaux - Médias - Télévision - 26 avril 2013

Arte ou art du lynchage médiatique ?

Hervé Mariton est député. Jusque mardi dernier encore farouche opposant au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Hervé Mariton, comme une grande majorité de Français, a donc perdu la bataille. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle Hervé Mariton est dépité.

Si je m’en réfère à ce que m’apprend le site de l’OJIM (Observatoire des journalistes et de l’information médiatique), Hervé Mariton n’a pas apprécié le traitement inique qui lui a été réservé le 16 avril dernier sur la chaîne Arte par la camarade Élisabeth Quin lors de son émission « 28 minutes ».

On l’aura compris, hélas ! à force d’habitude : l’aimable invitation à un débat contradictoire, où l’invité « non conforme » peut naïvement s’attendre, comme il est légitime et devrait être l’usage, à être confronté à une adversité équilibrée, comparable en nombre, en temps et en moyens, s’est révélée n’être qu’une corrida à plusieurs matamores pour taureau esseulé.

Une sorte de dîner de cons (c’est à la mode…), en quelque sorte. Une chasse à court… d’arguments ! Le connard d’élevage est lâché juste sous les fusils de la meute des chasseurs assoiffés de carnage.

« Cinq ? Vous n’êtes donc que cinq… ? Et vous n’avez pas peur ? » aurait dû s’exclamer le sacrifié, s’il avait été moins estomaqué en découvrant le nombre de ses opposants sur le plateau (parmi lesquels, outre les chroniqueurs habituels de l’émission et son animatrice, deux invités surprise et de dernière minute : Caroline Fourest et Renaud Dély), tous plus acquis les uns que les autres à la cause « autorisée »« On commence tout de suite ou vous attendez des renforts ? » aurait pu persifler, se voyant piégé, l’éminent baroudeur de notre représentation nationale.

Pourtant, de l’aplomb, le député de la troisième circonscription de la Drôme n’en manque pas… Ne voilà-t-il pas qu’il a décidé de se plaindre auprès du CSA…

Se plaindre… ? Voyez-vous cela !

Et se plaindre de quoi, s’il vous plaît, monsieur le député Mariton ? N’avez-vous pas été reçu ?

Invité, reçu, et même traité… Comme on traite une mauvaise herbe dans le jardin des idées arrêtées !

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