Ariel Sharon est décédé. L’ancien général et Premier ministre israélien était en fait mort depuis huit ans, mais l’acharnement thérapeutique et les progrès de la médecine ont permis de maintenir « en vie » un légume plus qu’un être humain.

Le but de ces lignes n’est pas d’évoquer l’homme ou la vie du général Sharon, mais de rappeler que nous sommes tous des Sharon en puissance si demain nous étions victimes d’un accident ou d’un accident vasculaire cérébral qui faisait de nous un autre légume maintenu en vie du fait de la volonté de la famille et de l’acharnement thérapeutique que pratiquerait le corps médical.

Pourtant, qui peut justifier de maintenir en vie une personne dont on sait parfaitement qu’elle ne récupérera jamais la moindre de ses capacités physiques ni intellectuelles ? Qui peut justifier cet état de fait, surtout si la personne avait fait part de son vivant de son refus de subir malgré elle une telle situation ?

Pourquoi ne pas autoriser chaque personne, de son vivant, à faire inscrire dans son testament son refus de subir un maintien en vie par acharnement thérapeutique, avec les conséquences qui en découlent (arrêt des soins obligatoire et active si l’arrêt des soins causait trop de souffrances) ?

Une personne de ma famille décédée d’un accident vasculaire cérébral, il y aura dix ans le mois prochain, avait fait part – de son vivant – de son refus de devoir vivre affaibli si un tel malheur lui arrivait. Une opération de la dernière chance fut proposée, mais les médecins eurent l’honnêteté de dire que les séquelles seraient très et il fut donc décidé de ne pas la tenter et de débrancher les machines qui le maintenaient en vie, par respect pour sa volonté et par respect pour sa dignité.

En , nous avons également une personnalité célèbre dans le coma depuis maintenant 32 ans. Le footballeur Jean-Pierre Adams, qui avec Marius Trésor formait la « garde noire » en centrale de l’équipe de France de football dans les années 70, est en effet dans le coma depuis le 17 mars 1982 suite à un accident d’anesthésie lors d’une opération bénigne. Trente-deux années allongé sur un lit et combien d’années encore à attendre la mort alors qu’après une telle durée dans le coma, et sauf à croire aux miracles qui sont plus fréquents dans le football que dans la médecine, il n’y a aucun espoir de le voir revenir à la vie.

S’il y a bien une leçon à retirer de l’agonie de huit ans d’Ariel Sharon ou du calvaire subi par Jean-Pierre Adams et tant d’autres, c’est que tout citoyen devrait avoir le droit de refuser de son vivant de subir ce type d’acharnement.

Une loi sur la fin de vie et sur l’euthanasie est donc plus urgente que jamais.

13 janvier 2014

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