Argentine : la gauche bobo dans la tourmente

L’ex-présidente au pouvoir en pendant neuf ans (2007 à 2015), après avoir succédé à son mari, a non seulement laissé ce pays dans une situation sociale et économique difficile, mais se trouve également impliquée dans plusieurs affaires financières.

Les convocations judiciaires se multiplient en effet pour la flamboyante icône de la gauche bobo sud-américaine, celle qu’on a longtemps comparée à Hillary Clinton. La dernière date de début mai et – comble de l’ironie – fait suite à une plainte lancée par une députée de centre gauche, l’avocate féministe Margarita Stolbizer.

Cette plainte concernerait un certain nombre d’irrégularités comptables dans la gestion de la SCI familiale Los Sauces Casa Patagónica domiciliée en Patagonie, le fief du clan Kirchner. Son fils Máximo Kirchner, député du FPV (Frente para la Victoria), une coalition politique pro-Kirchner, est lui-même inquiété dans ce dossier.

Une nouvelle affaire qui succède à plusieurs autres et à de gravissimes accusations : détournement de fonds vers des comptes en Suisse, cession spéculative de devises, blanchiment d’argent et opérations de corruption à grande échelle dans le monde du bâtiment… « La liste n’est peut-être pas exhaustive », souligne-t-on dans les milieux d’affaires de Buenos Aires.

Par ailleurs, dans le cadre des révélations Panama Papers, les noms du couple mythique Néstor (aujourd’hui décédé) et Cristina Kirchner ont été cités dans une sombre affaire d’utilisation frauduleuse d’une fondation de la Croix-Rouge pour blanchir discrètement… 65 millions de dollars !

Seule consolation pour le clan Kirchner, c’est l’apparition également dans ce scandale du nom de l’actuel président de la République Argentine, Mauricio Macri, dans deux sociétés offshore appartenant à l’un des consortiums économiques les plus importants d’Argentine, le Grupo Macri fondé par Francisco Macri, son père.

Sebastián Casanello, le juge argentin en charge de cette affaire, a envoyé une commission rogatoire au Panama afin de déterminer si, effectivement, le président argentin a des parts dans ces sociétés… et s’il peut être alors reconnu coupable d’omission illicite. Un délit passible de plusieurs années d’emprisonnement.

Même si Mauricio Macri s’est déclaré « tranquilo » au sujet de son implication dans ce scandale, déclarant n’avoir aucune participation dans ces sociétés, toutes ces informations ont, bien entendu, des répercussions sur l’opinion publique argentine, une fois de plus désabusée par ces diverses révélations.

Pour autant, le président argentin, élu le 22 novembre 2015, jouit toujours en tant qu’ancien maire de Buenos Aires et de sa qualité de bon gestionnaire d’une bonne image au sein de la population, qui l’attend surtout sur sa capacité à résoudre les grands défis économiques et sociaux, et à juguler une inflation record : +30 % en 2015 !

S’il venait à échouer, alors les manifestations bruyantes de casseroles reprendraient dans les rues de la capitale argentine et déjà un slogan est au bord des lèvres : « Que se vayan todos! 1 »

Notes:

  1. “Qu’ils s’en aillent tous !”

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