Au volant, la Saoudienne est un danger public. C’est connu. Et c’est donc tout naturellement que les Saoudiens ont réussi à dissuader les suffragettes à moteur de manifester pour acquérir le droit de conduire une auto. Pas envie de se faire écrabouiller au sortir de la mosquée. On les comprend. Et puis, vous connaissez les Saoudiennes… On leur accorde ceci, elles demandent cela et puis encore autre chose… Jamais contentes. Pourtant, la liste des droits déjà obtenus est longue : droit de se taire, de se voiler intégralement, droit de demander l’autorisation de voyager, de travailler, de se marier, le droit d’écouter la réponse du père, du mari ou du frère… Que leur faut-il de plus ?

Tolérants comme pas deux, à la limite du laxisme, le chef de la religieuse et le ministre de la Justice ont reconnu qu’aucun texte islamique n’interdisait aux femmes de conduire. Et sur ce point, force est de reconnaître que le passage du Coran consacré à la prévention routière est assez flou. Aucune loi de la société saoudienne non plus ne vient contrecarrer cette pulsion féminine vers le siège conducteur. Alors quoi ? Ce serait perdre son temps qu’énumérer les arguments bidon mis en avant par la caste masculine locale.

Ailleurs, sous d’autres cieux islamiques, madame conduit. Mène les enfants à l’école, file au supermarché, conduit son caddy, ramène les courses, retourne chercher les enfants à l’école. Comme la femme européenne. Libre comme l’air ! Pas les moyens d’avoir chauffeur, aide-chauffeur et voiturier comme ces veinards de Saoudiens. Sinon… la question serait peut-être réexaminée. Féministe par défaut… Ça s’est vu.

De toutes les brimades subies par la femme saoudienne, seule l’interdiction de conduire ne passe pas. Voilée jusqu’aux yeux d’accord, mais au volant ! Se faire fouetter sur la place publique, OK, mais à condition d’y aller toute seule en voiture. Comme une grande. Bien installée sur le siège conducteur, la Saoudienne peut s’imaginer l’espace d’un instant qu’elle préside à sa destinée… Libre d’impulser sa volonté sur un véhicule, de le diriger ici, et puis là, elle se sent trop cool… pour quelques minutes. Toujours ça de pris. Comme un espace réservé, une parenthèse paradisiaque où elle peut enfin décider de tout. Reine en son domaine, général en chef de la boîte en tôle, elle part voile au vent vers… son mari, son père ou son frère qui décidera à sa place de ce qui est bon ou mauvais pour son matricule.

Sous ces autres cieux islamiques où les femmes ont le droit de prendre voiture, point de revendication supplémentaire. Bien au contraire. Entre autres pays musulmans, l’Algérie voit ses femmes se redraper des pieds à la tête… tout en conduisant ! Un exploit qui vient prouver que la femme musulmane est un as du volant. La police religieuse saoudienne peut se détendre, elle a encore de beaux jours devant elle.

29 octobre 2013

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