, conseiller de François Hollande, est suspecté de conflit d’intérêts pour avoir pratiqué une activité de conseil de laboratoires pharmaceutiques alors qu’il était membre de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS)… où François Hollande vient justement de faire embaucher Dominique Voynet (voir Boulevard Voltaire d’hier).

Il faisait face depuis trois jours « à des insinuations et des allégations qui visent à mettre en cause [son] honneur ». Du coup, il a démissionné afin d’être « entièrement libre de répondre à ces attaques »…

Parce que les innocents, c’est bien connu, n’ont ni le droit de se défendre, ni celui de parler et encore moins de rendre coup pour coup… Seuls les coupables auraient toute liberté pour cela ? Déjà douteux, le personnage nous prend tous aussi, à l’évidence, pour des électeurs socialistes !

Car lui est un homme de gauche. Un vrai. Un donneur de leçons de morale, comme en juin 2011, sur France Info, où il insistait sur l’importance de la transparence : « Que chacun soit au clair avec lui-même et avec les autres. Il n’y a pas d’interdiction d’avoir un rapport avec l’industrie pharmaceutique pour un médecin […]. En revanche, ce qui est obligatoire, c’est de rendre public cela […]. Ce n’est pas un problème en soi, mais il faut que tout le monde le sache […]. Des experts qui sont juge et partie, ce n’est plus possible. Il faut en finir avec ça… »

Car lui, la transparence, c’est son truc : sur sa page Facebook, il jure : « À aucun moment, je n’ai été en situation de conflit d’intérêts. [J’ai] respecté toutes les règles et toutes les procédures », car un « certain nombre d’activités annexes pour les fonctionnaires sont autorisées par la loi ».

HollandeMorelle001Seulement, comme l’a rappelé le site Mediapart, « il y a une loi qui interdit de travailler à l’IGAS et de travailler pour une société privée, qui plus est un laboratoire pharmaceutique. Or, c’est ce que fait Aquillino Morelle en 2007 »…

Lui jure que ses activités ont bel et bien été déclarées à l’IGAS ; malheureusement, celle-ci a aussitôt démenti : « Il n’y a pas eu de demande d’autorisation portant sur les activités d’expertise ou bien de consultation au bénéfice de l’industrie pharmaceutique dans les années récentes. Dans le cas particulier des activités extérieures de monsieur Aquilino Morelle, le service n’a retrouvé dans les archives que les autorisations portant sur une activité d’enseignement à l’université Paris I. »

Ah, la paperasserie ! Ça bouffe du temps, de l’énergie, de la place… et en plus, ça se paume !

Tout se perd, d’ailleurs… comme le « petit boulot » qu’Aquilino donnait depuis un an et demi à David Ysebaert, un auto-entrepreneur « cireur de souliers » (et non « de pompes », précise l’intéressé) qui cirait – 10 euros pour un cirage et 25 pour un glaçage – ses « trente paires de souliers de luxe faits sur mesure, pour son pied qui a une forme particulière. Des Davison, des Weston »… L’hebdomadaire Le Point s’étant gaussé de la chose, Aquilino a sur le champ « remercié » son cireur de souliers !

On a connu par le passé un « responsable, mais pas coupable » ; on a aujourd’hui un « innocent, mais démissionnaire quand même ! »… et demain, la « République irréprochable » nous offre quoi ?

À lire aussi

Ebola : peut-on vraiment parler de pandémie ?

La Commission européenne a mobilisé 2 millions d’euros supplémentaires en juillet dernier.…