Editoriaux - Politique - 6 mars 2017

Après le Trocadéro, nos putschistes d’opérette ont-ils enfin compris ?

François Fillon a remporté hier un round important, et peut-être décisif, non seulement dans sa bataille interne, mais aussi pour son accession à l’Élysée. Un combat d’autant plus risqué que c’était son propre camp – en tout cas une partie – qu’il lui fallait affronter.

Il sort de ces quatre jours d’épreuve renforcé et transformé.

Renforcé car le peuple de la primaire a répondu présent, alors que ce rassemblement, décidé dans la précipitation et avec une certaine maladresse, suscitait au mieux le scepticisme. Et les barons – mais méritent-ils encore ce titre ? – des partis, bien décidés à l’évincer, pariaient sur un échec pour se lancer dans leur aventure hasardeuse Juppé-Borloo.

Renforcé, aussi, car le spectacle hystérique donné par ses détracteurs, avides de postes et faisant peu de cas du vote des primaires, a profondément scandalisé l’opinion. Et les renvoyer à leur propre examen de conscience était on ne peut plus bienvenu. Des anges, ces Estrosi, ces Lagarde, ces Le Maire, ces Juppé ? Des modèles de fidélité, de courage ? Nul n’est dupe.

Mais c’est surtout au-delà de sa famille politique que cette épreuve a renforcé et transformé François Fillon. Ses propos du Trocadéro, comme ceux du “20 Heures” de France 2, pour fermes qu’ils aient été, révélant un homme de constance et de caractère, étaient à mille lieues des outrances caricaturales que ses adversaires lui prêtent. Et désormais, bien des électeurs de nos familles, de nos entourages, écœurés par les années Hollande, mais aussi par les démagogies de Macron et de Mme Le Pen, reconnaissent en François Fillon un homme vrai, et solide. Et ils se montrent d’une extrême sévérité pour les tractations d’appareil auxquelles se livrent les dirigeants de la droite et du centre depuis cinq jours.

D’ailleurs, selon un sondage Atlantico et Harris Interactive publié ce lundi par RMC – puisque les sondages sont la seule boussole de nos putschistes -, Fillon remonte et 55 % des sympathisants LR sont désormais favorables à son maintien.

Ce qui est sûr, c’est que si, à ce stade de cristallisation de l’opinion de droite en faveur de Fillon, ces putschistes de la primaire se lançaient inconsidérément dans l’aventure Juppé, ils porteraient une lourde responsabilité dans la révolte du peuple de droite et dans l’éclatement de leur parti.

Il faut savoir terminer une grève. Il faut aussi savoir mettre fin à un putsch raté.

À lire aussi

Anémone : cette autre face, cet autre film

Depuis cette révélation, je n'ai jamais plus entendu cette comptine dans l'insouciance, ni…