Le 3 mars dernier, un homme s’immole en Bulgarie. Son nom ? Plamen Goranov. Pourquoi ? Tout simplement pour protester contre une société s’en allant en quenouille. Il n’est pas le seul. Trois autres de ses compatriotes se sont infligés le même supplice. Tout cela est loin de la Tunisie des « printemps arabes ». Quoique la douleur puisse être la même : pour se faire brûler vif, il doit y en avoir de la souffrance, derrière…

Au fait… La Bulgarie, combien de divisions ? En France, tous les journaux, et surtout leurs lecteurs, s’en foutent. Et pourtant il s’en passe des choses en ce pays, terre de noble histoire et de bonne lignée – on leur doit l’alphabet cyrillique et les plus belles des icônes orthodoxes –, mais peuplé seulement de sept millions d’habitants. C’est-à-dire… rien, en termes de poids dans la balance de la marche du monde.

Ce qui peut expliquer le tardif retard à l’allumage de nos médias devant cette jacquerie d’un genre nouveau. Qui inquiète, mais dont on ne sait à quelle aune la mesurer. Les journalistes aiment les comparaisons hâtives. Mais là… Printemps arabe en Europe de l’Est ? Ou succédané des « Indignés » d’Espagne ou de Grèce ?

À y regarder de plus près, la révolte athénienne n’est jamais que jacquerie de fonctionnaires, floués par des banquiers transnationaux, écrasés par une église omnipotente qui a pris, de très longue date, la vilaine habitude de ne jamais payer ses impôts. Les Espagnols, eux, victimes des mêmes avanies, s’inscrivent dans une toute autre histoire : libéralisme ayant détricoté le tissu social patiemment tissé par le général Franco, et désormais ruiné par la folie immobilière. Allez à Madrid, terrain vague parsemé d’immeubles qui jamais ne seront achevés, de terres en friches, et vous verrez que ce triste exemple vaut bien mieux que mille discours.

Un ancien membre du corps diplomatique bulgare à Paris nous confie : « Ce qui se passe à Sofia est d’un ordre différent. En Bulgarie, les gens peuvent être pauvres, mais il n’y a jamais eu de miséreux. Et ceux qui manifestent aujourd’hui sont les représentants des classes moyennes, vivant dans la hantise d’être déclassées… »

Mais que veulent-ils ? Notre honorable correspondant : « Ce qu’exigent ces hommes et ces femmes, c’est la fin d’une sorte d’hypocrisie. De tous les pays d’Europe de l’Est, nous avons été les plus martyrisés. Pour ensuite être persécutés par la mondialisation. Les Bulgares ne veulent pas passer d’une dictature à l’autre. La grande majorité de mes compatriotes qui manifestent sont issus des classes moyennes. Sortis de l’orbite soviétique, ils ne veulent pas tomber dans celle de l’… »

Mais ce qu’ils veulent pour de vrai ? « Une démocratie directe, un peu comme en Suisse. Un peu comme Ségolène Royal, lors de l’élection présidentielle de 2007. Ce qui fait probablement peur aux “élites” françaises, qui ne se rendent pas compte qu’elles sont à l’aube d’un nouveau 1789… »

En sommes-nous là ? C’est malheureusement à craindre. Marine Le Pen, seule, a relayé l’information, dimanche dernier, sur BFM-TV : au moins existent-ils des hommes ou femmes politiques capables de regarder la réalité en face. C’est si rare, par les temps qui courent…

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6 mars 2013

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