Editoriaux - Supplément - 23 août 2016

Après les touristes, les stars fuient la France

Si l’information peut sembler anecdotique, voire triviale, le fait que de nombreuses célébrités cherchent à céder leurs résidences françaises devrait nous inquiéter. Généralement, il n’est jamais bon signe que les rats quittent le navire. Cela signifie qu’il est à la dérive.

Le couple Beckham compte, par exemple, vendre sa demeure de Bargemon, dans le Var, acquise pour une somme de 1,7 million d’euros. Elle est actuellement mise en vente à 2,7 millions d’euros, soit une plus-value substantielle probablement causée par d’importants travaux d’équipements. Ils ne sont, d’ailleurs, pas les seuls à envisager de céder leurs propriétés hexagonales. Brad Pitt et Angelina Jolie aimeraient aussi céder le château de Miraval, espérant en tirer une somme largement supérieure au prix d’achat (entre 15 et 25 millions d’euros supplémentaires). Pareillement, Johnny Depp voudrait se débarrasser de sa villa à Plan-de-la-Tour, dans le golfe de Saint-Tropez, pour la bagatelle de 50 millions d’euros.

Certes, on peut imaginer que l’acteur borderline entend faire face à son divorce difficile et très médiatisé, ou que les Beckham n’ont plus le temps d’entretenir leur résidence varoise, mais pourquoi fuient-ils tous la France en même temps ? Premièrement, le climat de terreur des deux dernières années ne peut qu’inquiéter ces célébrités, le plus souvent conseillées par des assureurs et des avocats d’affaires informés et soupçonneux. Envisagent-ils une baisse progressive des prix de l’immobilier directement causée par une accélération des attaques terroristes dans les années à venir ? C’est une possibilité. Deuxièmement, il sera difficile d’exclure l’hypothèse que la France commence à être moins attirante pour les « pipoles », concurrencée par d’autres destinations européennes, et mondiales.

Je vois déjà venir les esprits malins qui me rétorqueront que le départ conjoint de quelques vedettes botoxées, ou rongées par l’abus de substances illicites, ne constitue pas un problème d’une extrême gravité dans une France plongée dans le déclin généralisé. Ils auront raison et tort. Non, ces départs en eux-mêmes sont sans importance. Mais ce que démontrent ces départs est très préoccupant. Ils sont l’arbre qui cache la forêt. Ils sont symptomatiques d’un pays qui n’en finit plus de se détourner de son passé. Ils participeront aussi au phénomène de désertion touristique observé en 2016, car c’est bien parce que la France était une destination privilégiée des célébrités en vacances qu’elle attirait autant de touristes lambda, asiatiques et américains notamment.

À titre personnel, je me moque royalement du sort de ces acteurs hollywoodiens, mais je suis préoccupé parce que la France sort progressivement du cercle des nations prospères pour s’enfoncer dans la récession économique, la guerre interethnique et l’insurrection. Ces ventes en sont un nouveau signe. Cela dit, j’attends avec impatience les leçons de morale d’Angelina Jolie ou Johnny Depp, grands défenseurs des « migrants », du multiculturalisme, et égéries de la « mondialisation heureuse ». Ils partent quand la France subit des attentats pour avoir été trop ouverte, phénomène dont ils se faisaient les plus ardents avocats…

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