Editoriaux - Santé - Table - 15 mai 2013

Après la viande de cheval, le scandale du pain ?

Jeudi 16 mai, on fêtera la Saint-Honoré, patron des boulangers. Ce sera la « fête du pain », initiative lancée en 1996 par un ministre du Commerce et de l’Artisanat au nom prédestiné : Jean-Pierre Raffarin.

Or, depuis des années, je m’interroge sur le silence, voire l’indifférence, des autorités sanitaires — ainsi, me semble-t-il, que des associations de consommateurs — sur l’adjonction délibérée de siccatif dans les mélanges fournis par les grands moulins aux boulangers pour la fabrication de leur pain.

Depuis des années, le pain, la baguette, le bâtard doivent sécher au plus vite, juste après le repas si possible, pour obliger le consommateur à repasser à la caisse avant le repas suivant.

On est certes loin de la pièce du lave-linge ou de l’imprimante spécialement étudiée pour céder au bout d’un certain nombre d’utilisations, mais on est très près, sinon au cœur, du principe même dénoncé voici quelques jours par Jean-Vincent Placé, président du groupe des écologistes du Sénat.

Principe qui pose, au-delà de la légalité d’une telle pratique, concernant ce qui n’est ni plus ni moins l’aliment de base des Français, une incontournable question de santé publique : les substances utilisées pour nous pousser à la consommation, pour ne pas dire nous escroquer, si efficaces pour assécher prématurément la mie du pain autant que nos finances, sont-elles donc réellement et totalement inoffensives pour notre santé ?

Quelque âme charitable aurait-elle un avis éclairé sur la question ? Pour ma part, je l’avoue : je sèche !

À lire aussi

Monsieur Juppé, vous vous plaignez… mais vous récoltez ce que vous avez semé !

Monsieur Juppé se plaint encore, se plaint toujours, s’apitoie sur son sort. Il est dans s…