Dans le prolongement du mémorable clip de campagne d’Européens sans dans lequel Guillaume Gallienne, Dany Boon ou Virginie Efira ânonnaient sans conviction une insipide logorrhée européiste, le point Godwin a été allègrement franchi ces derniers jours par le clip des socialistes suédois : un vibrant et alarmant plaidoyer anti-abstention déclamé par Rainer Höss, le petit-fils du commandant du camp d’extermination d’Auschwitz.

Le propos est sans ambiguïté : « Si nous oublions le passé, le passé se répétera ; je sens que cela est en train d’arriver aujourd’hui ; partout en Europe, les partis d’extrême sont en progression », et l’homme au visage marqué par le poids d’une culpabilité reçue en héritage de conclure sur un appel à la de la démocratie, de l’égalité et des droits de l’homme jusqu’à la chute finale : « N’oubliez pas de voter ! »

Si l’on enlève les non-dits, le propos est encore plus clair : si vous donnez votre suffrage à des partis souverainistes ou si vous ne venez pas voter pour les partis pro-européens, vous êtes des criminels contre l’humanité en puissance et c’est un descendant de bourreau qui vous l’affirme.

On comprend sans peine que le petit-fils de Rudolf Höss éprouve le besoin de se décharger du fardeau que constitue cette terrible ascendance. La vérité oblige pourtant à écrire qu’en se prêtant à ce genre de manipulation grossière et injurieuse pour les peuples d’Europe qui souhaitent simplement reconquérir leur face à des institutions européennes antidémocratiques et gangrenées par des lobbies aux visées totalitaires, Rainer Höss risque d’emprunter le chemin sur lequel son grand-père s’est perdu. Ce chemin, c’est celui qui consiste à servir les puissants de son temps sans prendre le temps de la réflexion sur les objectifs de leur politique et sans prendre le moindre recul par rapport à l’idéologie dominante. Le bourreau d’Auschwitz-Birkenau expliqua en effet, lors de son procès, avoir toujours eu comme principal souci de servir le plus fidèlement possible ses supérieurs.

On prête souvent à Churchill l’aphorisme suivant : « Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. » Même si la citation est apocryphe, Rainer Höss devrait la méditer.

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21 mai 2014

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