C’est fait ! À partir du 29 février, cinquante postiers compléteront les inspecteurs du permis de conduire. Amélioration du délai d’attente, mais espérons aussi que nos postiers apporteront une plus-value à un corps antipathique, en charge de l’un des examens les plus imbéciles qui soit et, de surcroît, dangereux, surtout pour les hommes, au contraire des femmes, plus rigoureuses, plus précises et moins excitées, qui conduisent mieux…

L’accidentalité le démontre : en France, on n’apprend pas à conduire une voiture mais à passer le permis. Un examen qui ne fonctionne pas sur des compétences mais sur des interdits. D’ailleurs, si nous repassions l’épreuve, nous serions majoritairement recalés. Apprenez à piloter un avion ou un bateau, l’instructeur vous mettra en difficulté pour vous apprendre à vous en sortir. Pour la voiture, la doxa considère, au contraire, que le respect scrupuleux des panneaux est suffisant. En Islande, où l’accidentalité est la plus basse du monde avec la Grande-Bretagne, une vidéo rappelle aux étrangers qu’en cas de dérapage, il faut débrayer. Propos rigoureusement interdit chez nous, où le permis est d’abord une épreuve de droit : si le conducteur respecte le code, il ne doit pas se mettre en dérapage. CQFD ! Et tant pis pour la neige ou le verglas !

Conduire, donc, mais en sorte que ce soit avec suffisamment de médiocrité pour entretenir la crainte et éviter la tentation de toute initiative. Évidemment, le jeune mâle ne rentre pas dans ce schéma. Une fois le permis en poche il n’aura qu’une hâte, c’est de passer la quatrième pour s’affranchir de toute cette surenchère normative qui l’a bridé. Conduire librement et vite. Enfin ! Et comme, finalement, on s’est soigneusement gardé de le mettre devant ses limites, il se tuera ou tuera les autres.

Pourtant, la est le pays au monde où le permis est le plus difficile, sans parler du coût : 40 % d’échecs au premier examen. Et trois mois pour le repasser. Les inspecteurs, de catégorie B dont le niveau de recrutement ne vole pas très haut, reçoivent une formation en alternance essentiellement en droit, et ne connaissent pas grand-chose en matière de conduite. Certains passent même le permis A en formation. C’est dire... Beaucoup, dont le pouvoir monte à la tête, sont en général imbuvables, quelquefois odieux avec des candidats terrifiés. Rares sont ceux qui cherchent à les mettre à l’aise et repérer ce qu’ils peuvent savoir faire plutôt que le contraire. Sibyllins, méprisants, fermés… les forums sont unanimes.

Imaginons un pays où un certificat provisoire autorise à conduire pour se présenter au permis si l’on est accompagné d'une personne titulaire depuis trois ans. Un pays dont l’examen théorique met le candidat face à différents dangers. Où, pour le test de conduite, il roule librement puis pendant une demi-heure, sous les ordres de l'examinateur. Où, s’il échoue, il repassera l’épreuve 10 jours plus tard. Ce pays existe, c’est l’Angleterre, où l’accidentalité est l’une des plus faibles au monde. Le lien entre la surenchère normative et l’amoindrissement du risque n’est donc pas avéré ! Et, pour s’en convaincre, pensons au Turkménistan, pays aucunement dans le classement des plus dangereux. Là-bas, c’est sur la connaissance des versets du Ruhnama que le permis est délivré. Une idée à creuser ?

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27 février 2016

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