Appareil génital féminin à louer : prostitution ou altruisme ?

Le site d’informations médicales « Egora.fr » nous apprenait, fin juin, que des hôpitaux belges lançaient un site Internet, où les donneurs de sperme et d’ovocytes pourraient laisser des messages anonymes aux enfants issus de leurs gamètes, afin d’améliorer leur image de marque, et ainsi lutter contre la pénurie des dons.

L’initiateur du site, lui-même issu d’un don de sperme d’après cet article, justifie son action par le fait qu’au Danemark et en Espagne, où la publicité est autorisée, il n’y a pas de manque de donneurs. Il oublie de préciser qu’en Espagne, (40% des dons d’ovules de l’union européenne), la « donation » est rémunérée, et les jeunes femmes qui participent à ce marché, de manière épisodique ou régulière, le font pour améliorer leurs fins de mois, comme l’affirme un article paru dans la presse espagnole en mai 2013 (MIA n° 1389)

On a de plus en plus tendance à vouloir considérer le corps comme un simple assemblage de pièces dont on peut éventuellement disposer à sa guise, en voulant tout ignorer des conséquences d’un tel acte.

Mais un don d’organe n’est pas anodin. On peut estimer altruiste le don d’un rein ou d’une partie de son foie pour sauver la vie d’un autre être humain. Cependant le don d’ovocyte ou de sperme, ne sauvera la vie de personne et s’inscrit dans une autre logique.

On peut aussi imaginer que des femmes jeunes se fassent prélever des ovocytes afin de pouvoir disposer plus tard de leurs propres ovules, lorsqu’une grossesse ne sera plus un obstacle à leur carrière. Ce n’est pas inconcevable puisque la mère assurerait, en différé, la gestation de ses propres ovules, mais cela pourrait être aussi le premier pas vers un transfert de gestation à autrui, moyennant finances, afin d’éviter les inconvénients d’une grossesse Le nombre de naissances issues de ce type de fécondation reste encore suffisamment marginal pour ne pas modifier les mœurs, mais rien n’interdit de penser que le développement de cette pratique, ne serait-ce que pour des raisons économiques, pourrait engendrer de nouvelles formes de fécondations débouchant sur un marché ou tout un chacun pourrait venir s’approvisionner en nouveau-né.

Le marché des utérus à louer risque connaître une forte expansion dans les années à venir, afin d’exonérer certaines femmes de la grossesse ou de fournir un enfant aux couples d’homosexuels

Dans la PMA (procréation médicalement assistée), les ovules (ou les spermatozoïdes) récupérés par cette méthode engendrent un enfant qui ressemblera à ses géniteurs. Accepter de semer ainsi à tout vent, c’est accepter qu’on transfère à d’autres le contrôle de l’éducation, c’est nier toute notion de filiation et donc de famille, c’est l’abandon de toute prérogative morale sur sa descendance puisqu’on la confie à des inconnus.

Dans la GPA, (grossesse pour autrui), outre l’aspect moral de la commercialisation de la gestation humaine, il ne faut pas oublier que l’intime contact neuf mois durant entre la mère porteuse et le fœtus peut lui imprimer des spécificités propres à cette femme.

Les bons esprits s’offusquent de la prostitution, la comparant à de l’esclavage sexuel, mais il nous faudrait alors requalifier l’usage de l’appareil génital féminin : la jouissance de la partie basse (vagin) s’appellerait prostitution, et celui de la partie haute (utérus et ovaires) de l’altruisme rémunéré !

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