Culture - Discours - Editoriaux - Politique - Presse - 19 mars 2017

Antifascisme, antiracisme : les impostures…

Alain Finkielkraut, que je cite souvent, a suffisamment insisté sur les impostures de l’antiracisme et de l’antifascisme qui sont devenus le prêt-à-penser du petit monde politico-médiatique.

Face aux donneurs de leçons de morale sur la conduite à tenir face aux migrants, je crois qu’il suffirait de répondre : « Combien en avez-vous chez vous, sous votre toit, sur votre palier, dans votre immeuble, dans votre quartier ? » Et la question serait vite réglée car, on s’en doute bien, tout ça baigne dans une atmosphère d’hypocrisie malsaine.

Dans mon dernier article, je témoignais de ces années 1971-72 où je suivais ma première et ma terminale au lycée français d’Alger. Nous avions dans notre classe un personnage truculent que nous avions vite surnommé « le Grand Duduche » car, hormis le fait qu’il était bouclé comme un mouton, il ressemblait trait pour trait au personnage de Cabu. Notre Grand Duduche venait de Saint-Étienne, avec cet accent caractéristique qu’on retrouve chez Aimé Jacquet. Ses parents travaillaient en Algérie au titre de la coopération technique. En arrivant, il se targuait d’être de gôôche et tenait volontiers ce discours multiculturaliste encore en vogue aujourd’hui.

La famille de Duduche avait été logée sans trop de discernement dans un immeuble des quartiers populaires d’Alger. Au bout de deux ou trois semaines, notre ami n’en pouvait plus. Ses parents avaient fait une demande de relogement et, à notre grand étonnement, le Grand Duduche tenait des propos de plus en plus racistes, parlant volontiers de « ces sales bougnoules » qu’il ne pouvait plus voir en peinture.

Prenez donc tous ces journalistes, intellos, politiques ou même curés de paroisse qui fustigent en chaire le « repli identitaire ». Mettez-les de force dans un appartement au 6e étage d’une barre de béton au milieu d’une population allogène ; laissez agir pendant une ou deux semaines. Vous obtiendrez probablement… des Grands Duduche dont les bons sentiments auront volé en éclat.

Ceci pour dire qu’au-delà de l’antifascisme et de l’antiracisme, la réelle imposture est le multiculturalisme qui, contrairement à l’illusion répandue, ne défend pas les cultures mais tend à les laminer, à les uniformiser.

Il y a plus de choses au ciel et sur terre que n’en rêve votre philosophie, disait Hamlet à Horatio. Et pour cause : la vraie culture irrigue de haut en bas et de bas en haut tous les peuples.

De haut en bas : c’est ainsi que la culture chrétienne, au Moyen Âge, a pu irriguer toute l’Europe, en respectant les différences et en favorisant les échanges.

De bas en haut : sans enracinement dans une terre, sans respect de la terre qui nous porte et nous nourrit, pas de culture.

Toutes les tentations impérialistes ont voulu asservir les cultures, détruire cette verticalité, comme un rouleau compresseur, mettre tout à l’horizontal. En ce sens, l’islamisme radical comme la finance mondialiste poursuivent le même but : passer au laminoir toutes les aspérités culturelles qui pourraient gêner leur expansionnisme.

Mais les temps changent…

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