Anne Hidalgo, la dictatrice

Des clandestins logés dans le XVIe ? C’est la nouvelle lubie d’, dont l’imagination se révèle toujours fertile en coups d’éclat démagogiques pour aguicher l’électorat de gauche et empoisonner la vie des élus de droite, sans se soucier du bien-être des riverains ni des ravages esthétiques infligés à la capitale. C’est dans un site classé du bois de Boulogne, à quelques encablures de l’hippodrome d’Auteuil, que le maire de Paris entend implanter cinq bâtiments modulaires capables d’accueillir 200 (de ce qu’il convient désormais d’appeler) « personnes à la rue ». « Une association sera mandatée pour assurer la gestion du lieu et l’accompagnement des personnes hébergées », précise-t-elle, ce dont nous ne doutions pas un instant.

Sous couvert de « répartir équitablement sur le territoire parisien l’effort de solidarité », de casser les « ghettos de riches » et de favoriser la « mixité sociale », Anne Hidalgo continue donc de propager la gangrène, au mépris des conséquences. Elle n’ignore pourtant pas que les camps de migrants, tel celui qui squatte le lycée Jean-Quarré depuis deux mois, se muent en lieux de trafics, de prostitution, de bagarres et d’agressions. L’édile du XVIe, Claude Goasguen, ne cache pas son exaspération : le bois n’a pas « vocation à devenir un nouveau Sangatte » pour des « migrants en situation irrégulière ». Sur l’autre rive de la Seine, dans le XVe, les habitants et le maire Philippe Goujon ont dû batailler sans relâche pour éviter que l’église Sainte-Rita soit rasée et remplacée par des HLM. La mobilisation ne cesse de s’étendre, preuve que les Français ne veulent plus plier face au despotisme idéologique et financier qui dynamite leur patrimoine.

« Pour un logement social proche des Champs-Élysées, on pourrait en livrer dix en région parisienne », souligne Cécilia Durieu, secrétaire nationale LR, qui pointe l’absurdité d’une démarche visant uniquement à enraciner un électorat de gauche dans des secteurs traditionnellement ancrés à droite. Mais madame le maire compte bien accentuer sa mainmise sur Paris et le « libérer de la tutelle de l’État », via un méli-mélo de réformes déployées au pas de charge pour récupérer des prérogatives dévolues au préfet ou redécouper les arrondissements. Les élus sont priés de rendre leurs conclusions pour… décembre ! Un procédé fort peu démocratique qui hérisse la droite.

L’ennemie jurée d’Anne Hidalgo, c’est la voiture. Dès l’été 2016, un tronçon de 3,3 km de la voie Georges-Pompidou, où défilent en moyenne 2.700 véhicules par heure, sera interdit à la circulation. Bonjour l’explosion des embouteillages, déjà légion, et de la pollution qui va avec. Présentée comme un « espace de respiration, de promenade et de détente », cette « aire piétonne végétalisée de 4,5 hectares » s’annonce comme un temple de la boboïtude : « Le long des quais, des bateaux seront amarrés, proposant un marché flottant de produits bio régionaux, une guinguette, un espace de co-working, […] des buvettes, des jeux pour enfants, des terrains de pétanque, des petits city stades. » Point d’orgue de ce délire façon Club Med branchouille : le réaménagement du tunnel des Tuileries en « boîte de nuit » ou en lieu culturel « dédié au street art ». Mise en place d’un tramway rive droite et multiplication des journées sans voiture sont aussi au programme.

Honteusement saccagé par cette dictature du bien, qui l’ensevelit sous le rouleau compresseur du divertissement et de l’artifice, qui sacralise l’Autre, qui abhorre le labeur, qui vous énonce ce que vous êtes tenu d’honorer ou de vilipender, Paris a entamé sa métamorphose en radieuse cité HLM ceinturée de festives attractions, quelque part entre Le Camp des saints de Raspail et le Cordicopolis de Muray.

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