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Dans Le Point du 29 mai 2014, la journaliste Anna Cabana a lancé des accusations graves contre la stratégie médiatique du Front national. Avec un acharnement terrible, elle prétend que le chef de cabinet de Marine Le Pen, Philippe Martel, transfuge du RPR, aurait déclaré : « Il faut vous écraser – Vous ? – Tous ces connards de journalistes institutionnels ». La litanie continue tout au long de l’article, la critique se fait ad hominem, Philippe Martel est quasiment comparé à un agent de la Stasi, fichant les journalistes français pour les menacer. On sent presque pointer une forme d’hystérie vengeresse. N’oublions d’ailleurs pas que le partial et très engagé Aziz Zemouri sévit lui aussi au journal Le Point.

Mais les choses ne se sont pas arrêtées là, non, tout le système médiatique s’est emballé. Dans l’après-midi suivant la parution de l’article, Reporters sans s’est aussi fendu d’un communiqué sans même prendre la peine de contacter l’homme à qui l’on reprochait ces propos. Christophe Deloire, secrétaire général de l’association, a formulé de lourds griefs à l’encontre du susnommé Philippe Martel : « Ce qui transparaît dans les propos du chef de cabinet de Marine Le Pen, c’est rien de moins qu’une stratégie de démantèlement du pluralisme en France. » Le tout sans vérifier la véracité des propos auprès du principal intéressé. À la bonne heure !

Connaissant un peu Philippe Martel, j’ai pris la peine de le contacter, car j’étais surpris par ces allégations, l’homme étant courtois et cordial. Il m’a, bien entendu, affirmé ne jamais avoir pensé à supprimer le pluralisme de la presse ; comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? Et puis quel intérêt, en 2014, de ficher les journalistes quand aujourd’hui tout est disponible en un simple clic. Une simple recherche Wikipédia m’a, par exemple, permis d’apprendre que madame Cabana était l’épouse d’un inspecteur des finances, ancien proche collaborateur d’Alain Juppé, tout comme monsieur Martel. En outre, elle a été suspectée par deux fois d’avoir brisé les secrets du « off » pour des traitant d’ et de Cécilia Sarkozy. Tout cela sent la vengeance personnelle d’une journaliste régulièrement moquée sur les réseaux sociaux et souvent perçue comme ridicule en interview sur BFMTV.

La vraie question posée par l’article d’Anna Cabana et les réactions qu’il a suscitées n’est donc pas à chercher du côté d’un fantasmagorique plan du FN à l’encontre de la pluralité des médias, mais bien du côté de la déontologie des journalistes français ! Affirmations non vérifiées, vengeances personnelles, telles sont les deux mamelles du traitement médiatique contemporain. Ce serait bien inquiétant pour le « pluralisme » de la presse. Cela démontre aussi la nervosité d’une caste défavorable à des idées désormais largement partagées par une grande partie des Français. Mais le peuple n’est plus dupe, et lui s’en tient aux faits, raison expliquant sa défiance actuelle à l'égard des journalistes.

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28 mai 2014

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