Editoriaux - Musique - Presse - Radio - 24 décembre 2016

Anis Amri : il buvait, faisait la fête et écoutait de la musique pop…

Les actes de « résistance » fleurissent sur le fumier des attentats commis au nom d’Allah, par les temps qui courent. Jean Moulin eût été surpris de découvrir les armes contemporaines incarnant la « résistance ». La plus prisée d’entre elles – j’ai nommé la cire ou, si vous préférez, la bougie – lui eût permis, à coup sûr, de prendre un petit cours de « résistance » aux « extrêmes ».

Il y a aussi les « youtubeurs », à l’image du Berlinois Rayk Anders qui, paraît-il, fait un carton quelques jours après la dernière boucherie musulmane-fondamentaliste en date. Selon la presse, notre « youtubeur » clame haut et fort à l’adresse d’Anis Amri : “Désolé, mais tu ne t’es pas attaqué à la bonne ville” (Le Figaro, vendredi 23 décembre). Je n’ai pas eu la curiosité – ni le courage, d’ailleurs – d’aller écouter notre « résistant » sur YouTube, je fais confiance au grand quotidien quant à l’exactitude des propos du Berlinois. J’imagine aisément le contenu du message : vous ne nous faites pas peur, nous ne changerons pas notre manière de vivre et nous continuerons d’aller en boîte et à boire des bières en terrasse. Na. Bon : “Désolé, mais tu ne t’es pas attaqué à la bonne ville” : késako ? Y aurait-il des « bonnes villes » à attaquer ? Pour sûr, les victimes, elles, ne se trouvaient pas dans la « bonne ville »…

Les pieds nickelés en charge de la sécurité de cette Europe n’en sont, d’ailleurs, nullement déstabilisés. Ainsi, je ne sais quel spécialiste nous explique sur je ne sais quelle radio que, certes, le boucher tunisien de Berlin s’est copieusement baladé après son acte « excrémentiel », pour se faire choper par hasard à Milan après un « transit » par la France mais qu’il s’agit, bon sang de bonsoir, de la « libre circulation » des individus !

C’est bien connu, la majorité des Européens passent leur temps à sillonner l’Europe du nord au sud et d’est en ouest, surtout lorsqu’ils ont un travail fixe et des papiers en règle… Sauf erreur de notre part, cela n’a rien à voir avec la « liberté de circulation », qui a toujours été effective en Europe au sortir de la Seconde Guerre mondiale, moyennant des contrôles aux frontières et des papiers en règle, contrairement aux paradis communistes dont il était difficile de sortir.

Si plus de liberté il y a, c’est plutôt au bénéfice de tout ce qu’un continent peut contenir de crapules. Nous avons donc un méprisable petit délinquant séjournant plus ou moins illégalement en Italie d’où, après quatre ans de taule (où il se serait « radicalisé »), il gagne l’Allemagne, tout aussi illégalement, pour finir par son acte excrémentiel et pour tranquillement se barrer d’Allemagne. Ne pas rire : il était, paraît-il, dans le collimateur de différentes instances sécuritaires européennes… Heureusement !

Entre-temps, la frangine d’Anis Amri disait ne pas comprendre que son frère puisse être recherché pour l’attentat sanglant de Berlin : “Il buvait, faisait la fête et écoutait de la musique pop !” Ne pas rire non plus : ainsi, la frangine confirme que seul un bon musulman – du moins un musulman ne buvant pas, ne faisant pas la fête et n’écoutant pas de la musique pop – aurait pu commettre cet acte. “Don’t act.”

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