Selon la version dominicale du Welt, journal allemand d’obédience libérale-conservatrice, , auteur de l’attentat de Berlin, qui a tué douze personnes, le 19 décembre dernier, était un grand consommateur d’ecstasy et de cocaïne.

Selon le même journal, il était même probablement sous influence au moment de perpétrer, au volant d’un camion, la tuerie qui a ensanglanté le marché de berlinois. Pourtant, lors de son arrestation, le 23 décembre, à Milan, les policiers n’avaient trouvé aucune trace de drogue sur lui.

Que faut-il conclure de ces informations ?

Écartons d’emblée l’hypothèse, complotiste, de mensonges en série qui partiraient des services de renseignement teutons et qui auraient, ensuite, été abondamment relayés par la presse.

Néanmoins, la conjecture d’un Anis Amri drogué jusqu’au moment des faits arrange les islamophiles désireux de dédouaner la religion dans les attentats commis. De la même manière, ils ont souvent vu des « détraqués » n’ayant rien à voir avec l’ plutôt que des islamistes derrière les tueries de masse.

Ont-ils totalement tort ? Sur les substances psychotropes et enivrantes, l’islam laisse peu de place au doute : « Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Écartez-vous-en, afin que vous réussissiez », peut-on lire dans le Coran (5:90).

A priori, être musulman et drogué est incompatible. Pourtant, le cas d’Anis Amri est révélateur d’une problématique forcément plus complexe que les islamologues et les sociologues, souvent inféodés à la pensée admise, n’ont jusqu’à présent su — ou voulu — démêler.

Nombre de terroristes ayant agi sur le territoire européen, ces dernières années, émargeaient à la petite délinquance, milieu dans lequel la drogue n’est jamais éloignée, tout en se « fondant » dans leur environnement – certains ont été aperçus en boîte quelque temps avant leurs méfaits.

Pour ces jeunes voyous, aguerris dès le plus jeune âge, donc, aux méthodes de la criminalité, tantôt pour gagner de petits revenus, tantôt sans autre but que la violence gratuite, l’islam et ses injonctions guerrières sont venus agrémenter leurs errances d’un but transcendant l’intérêt personnel, immanent et immédiat.

Il faut, dans ce cas, distinguer, d’une part, les délinquants ayant rangé leur vie passée pour vivre pleinement un islam radical et mener le petit djihad (guerre sacrée contre les infidèles) après avoir mené le grand djihad (interne, spirituel) et, d’autre part, les voyous désireux de mener la guerre sainte (en réalité une guerre contre l’Occident) sans avoir fait, au préalable, un travail spirituel sur eux-mêmes. Anis Amri semble appartenir à cette seconde catégorie.

17 janvier 2017

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