Editoriaux - International - 20 septembre 2014

Angela Merkel mise à nu

menace furieusement la Russie. Elle commence à fatiguer tout le monde, et pas qu’ici en France où elle assène sur le ton du père Fouettard ses lapalissades économiques sur la rigueur germanique.

C’est que la locomotive allemande est d’abord un mirage : l’ exporte depuis toujours en pratiquant la vieille technique du dumping qui était déjà en usage à l’époque wilhelmienne. Mais pour le reste, les chiffres ne donnent guère envie d’aller voir ce qui se passe outre-Rhin : on sait que le patrimoine allemand médian est de 51.000 euros (quatre fois moins qu’en Espagne ou en Italie) et que les salariés pauvres pullulent (le journal El Pais parlait en 2012 de sept millions de travailleurs payés moins de deux euros de l’heure) sur fond d’immigration clandestine explosive et de croissance zéro. L’insécurité aussi a explosé en Allemagne.

C’est ici que le peu « expert » que je suis verse une larme et se demande comment l’Allemagne peut croître moins que l’Espagne du brave et efficace Mariano Rajoy (2 % cette année), alors que l’Espagne compte 24 % de chômeurs et l’Allemagne 7 % ? De qui se moque-t-on encore, de qui se moquera-t-on toujours ? En réalité, les écarts de richesses se sont américanisés en Allemagne et l’on a rompu avec le modèle rhénan de développement. Les chômeurs sont condamnés, les salariés sont sous-payés en attendant, disait le journal Le Point, de prendre une retraite méritée à bientôt 76 ans. En sous-payant les salariés, on ne relance pas la croissance. Mais le sait-on en haut lieu ?

L’américanisation a aussi joué sur le plan diplomatique. Merkel l’ô combien est-allemande a tourné le dos à la Russie et s’apprête comme une bonne élève bien zélée à faire la guerre à Poutine pour complaire à Washington et à ceux qui vivent toujours mieux de l’éternel complexe de culpabilité allemand (comme on disait dans OSS 117, « on peut nous laisser une deuxième chance ? »). Cela explique la stagnation du PNB, la baisse du climat des affaires, la baisse aussi des exportations vers la Russie en attendant la note de gaz de cet hiver. On se réchauffera au nucléaire ? Mais on n’a plus de centrales !

Sur le risque de guerre, Gabor Steingart, courageux éditorialiste du magazine Handelsblatt a écrit récemment :

Le Congrès américain discute ouvertement d’armer l’Ukraine. L’ancien conseiller à la sécurité Zbigniew Brzezinski recommande d’armer les citoyens pour les combats de rue et la guérilla. La Chancelière allemande, comme à son habitude, est bien moins tranchée mais pas moins inquiétante : “Nous sommes prêts à prendre des mesures sévères.”

Merkel, réélue dans un contexte d’apocalypse démographique par un électeur âgé en moyenne de soixante ans, représente au pays de Schiller, Goethe et Wagner toute la grisaille nihiliste crépusculaire, teutonne ou européenne. À son glamour balourd et ses manières de maîtresse d’école suffisante, il faudra ajouter maintenant les qualités de jobarde belliciste.

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