Tout le monde sait que la loi française interdit la provocation “à la discrimination, à la haine ou à la violence”. Entendez-moi bien : je n’essaie pas de vous provoquer, mais simplement de vous inviter à réfléchir un peu.

D’abord, regardez comment sont mélangés les trois termes : discrimination, haine, violence. Est-ce raisonnable que le premier soit mis dans le même sac avec les deux autres ?

Si l’existence d’une nation est “un plébiscite de tous les jours”, ça veut dire qu’un peuple construit la nation constamment par ses choix quotidiens, par sa faculté de discrimination (“action de discerner, de distinguer les choses les unes des autres avec précision” – Le Petit Robert).

Mais dans la France d’aujourd’hui, le peuple n’a plus droit à ce plébiscite quand il s’agit du sujet peut-être le plus important, le plus essentiel de tous : qui est vraiment français ? Qui est-ce que vous acceptez pleinement comme français ?

Votre gouvernement estime que ce sont des questions trop importantes pour être laissées aux citoyens. Et vous êtes d’accord ! Avec votre consentement, le plébiscite est annulé.

Dans mon pays, les États-Unis d’Amérique, j’ai souvent entendu des louanges de l’absence du racisme dans les rangs des services militaires. Là, on n’est plus blanc, noir etc., mais soldat, lieutenant, caporal. On ne salue pas l’homme mais l’uniforme.

Cela est très bien pour une armée, où l’obéissance aux ordres doit être automatique, où la désobéissance est un délit. L’armée est un monde à part.

Mais est-il normal qu’un pays soit dirigé comme une armée ?

Ce n’est pas à moi, un Américain, de vous donner des conseils. (Vous en auriez beaucoup pour moi, j’en suis sûr.) Mais je voudrais, par amour pour la France, vous inciter à réfléchir sur certaines choses.

La position de vos gouvernants est claire. Ils considèrent immoral et inacceptable, un péché contre la République, que certains facteurs – par exemple la race, l’ethnie ou la religion – soient pris en compte dans vos décisions. Tous vos dirigeants, comme la grosse majorité des commentateurs des médias, parlent comme si ces catégories étaient absolument sans importance. Ils veulent avancer vers un avenir de fraternité universelle où toutes les distinctions seront éliminées. Pour eux, une France constituée majoritairement d’Asiatiques ou d’Africains, pourquoi pas ?

Mais vous, Français – et je n’ajoute pas “de souche” parce que je crois que le terme tout court doit suffire -, quels sont vos sentiments ? Que vous dites-vous dans votre for intérieur ? Quand vous regardez la taille des quartiers étrangers dans vos villes, que ressentez-vous ? Quand vous considérez la population des pays originaires et le nombre de gens qui seraient contents de s’installer en France, que pensez-vous ?

La France n’est pas mon pays, c’est le vôtre. Ce n’est pas à moi de vous conseiller comment faire ces choix si importants.

Si vous êtes contents, bien, je n’ai rien à ajouter, sacré nom d’une pipe !

À lire aussi

Les syndicats de journalistes défendent la liberté d’expression… dans leurs professions de foi électorales

Si quelqu’un a le droit de dire une chose, quelqu’un a le droit de dire le contraire. C’es…