Entretien réalisé par Mathilde Gibelin

Le 22 janvier dernier, sur Arte, un documentaire allemand a révélé que la catastrophe dite de Fréjus (effondrement du barrage de Malpasset en 1959, 423 morts) ne serait pas d’origine naturelle, mais pourrait être… un attentat du FLN algérien. Boulevard Voltaire a demandé à Thierry Rolando, Président du Cercle algérianiste, sa réaction.

Que vous inspire cette révélation sur les causes de la catastrophe du barrage de Fréjus ?

Je n’ai pas vu le documentaire diffusé mardi sur Arte. Mais si les faits se confirment, c’est-à-dire si le FLN est responsable de la catastrophe du barrage de Fréjus, c’est une sacrée révélation, un pavé dans la marre ! Il faut mener un travail d’historien, notamment dans les archives des pays anciennement communistes qui ont aidé le FLN. On est loin d’avoir exploré tous les documents de la Stasi. Sur le fond de cette histoire, il y a donc une sérieuse enquête à mener.

Une révélation qui a suscité peu de réactions malgré les conséquences diplomatiques qui pourraient en découler…

Cela n’est pas étonnant ! Les donnent systématiquement la parole à l’historien dès qu’il s’agit du FLN ou de l’Algérie française. Il est pourtant loin d’être neutre ! C’est même l’historien de la pensée unique. Conseiller de François Hollande, membre du Parti socialiste, il était l’un des maitres d’œuvres de la visite de notre président en Algérie. Il est donc proche du gouvernement algérien actuel et ne dira jamais une parole qui puisse froisser ce régime qui a pourtant bien du sang sur les mains. On peut donc douter de son objectivité. D’ailleurs, ses arguments concernant les révélations de Fréjus sont absurdes ! Il affirme que si les auteurs soupçonnés de ces faits n’en ont jamais parlé, c’est qu’ils sont certainement innocents. C’est un peu court comme argumentation. En tant qu’historien, il devrait au contraire explorer toutes les possibilités et non balayer d’un revers de main des faits qui ne l’arrangent pas.

D’autres historiens ont pourtant, eux aussi, réfléchi à la question algérienne ?

Oui, mais les ne leur donnent pas la parole ! Et pourtant, Daniel Lefeuvre, Guy Pervillé, Jacques Frémeaux sont des historiens universitaires reconnus. On n’écoute que l’historien officiel, Benjamin Stora ! Ce traitement de l’histoire de l’Algérie française, du FLN et des événements qui y sont liés, est digne du Comité des Historiens du de l’époque. D’ailleurs, la moindre critique du gouvernement algérien passé ou actuel de la part d’un homme politique, de droite comme de gauche, ou de la part d’un média est impensable. Il est temps de sortir de cette prudence systématique et de pouvoir parler de l’Algérie en toute liberté.

27 janvier 2013

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