Alain Juppé, c’est un peu « Boudu sauvé des eaux ». Une sorte de « miraculé » de la République, façon Chevènement, ou de « chiraculé », en son cas, ayant plus connu l’approche de la zonzon que celle du « Near Death Experiment ». En effet, le « meilleur d’entre eux » n’a pas été loin de payer pour tous les autres, carambouilleurs de la mairie de Paris, belle époque où les voyous du RPR parvenaient à loger trente Corses et autant de Kurdes dans un F2 de trois mètres carrés. Le tout pour assurer à leur champion un triomphe parisien, à peu près aussi plausible que celui de Conchita Wurst à l’Eurovision.

Mais aujourd’hui, c’est tout différent. Sondages et enquêtes d’opinion obligent, Alain Juppé serait un peu à la fois vieux sage et perdreau de l’année ; un peu comme un shampooing deux en un.

Il est un fait qu’Alain Juppé revient de loin. De sa « Tentation de Venise », concept toujours plus vendeur qu’un David Guetta revenant d’Ibiza ou de Palavas-les-Flots. En attendant, le désormais « vieux sage » de l’ a appris - en jetant un œil sur les récents sondages donnant, l’un après l’autre, Marine Le Pen en tête d’un premier tour d’une éventuelle élection présidentielle - qu’il était plutôt le mieux placé pour battre icelle en un éventuel second tour.

De quoi transformer ce fameux « meilleur d’entre nous », vieux cheval de retour, en pouliche de l’année. Comme quoi on peut être jeune premier improvisé aux dents longues tout en radotant dans son dentier. D’où cette déclaration le 6 septembre dernier à l'université d'été des jeunes UMP : « En tant que gaulliste, j’éprouve une allergie totale pour la culture, l’histoire de ce parti [le FN, NDLR] qui est viscéralement anti-gaulliste. »

Tiens donc… Parce qu’Alain Juppé serait donc un gaulliste « viscéral » ? Quand et à quel âge ? À celui où était aussi jeune résistant qu’un Charles Pasqua, soit à celui où un Alain Juppé n’était qu’à moitié rêve dans le slip de son père ? D’ailleurs, Alain Juppé est un gaulliste si « viscéral » que Philippe Martel, l’un de ses anciens bras droits, est désormais celui d’une certaine… Marine Le Pen.

Candidat de rassemblement, parlons-en. Premier ministre, en 1995, de Jacques Chirac, élu sur une « fracture sociale » chère au philosophe Emmanuel Todd, il a fait voler l’espoir national en éclats, pour cause de si mal ficelée que le président de la République dut dissoudre et que cela nous amena Lionel Jospin de 1997 à 2002, avec le brillant résultat qu’on sait, pour la droite comme pour la gauche, un certain 21 avril.

On ne s’appesantira pas plus sur les talents de cet homme épris de République, mais aussi un peu repris de justice qui s’en alla après, en Libye, exercer ses talents de rassembleur dans le désert. Mais n’est pas Rommel qui veut. « Un taxi pour Tobrouk » ? Pour lui, c’était plutôt « Un radeau pour l’UMP »

Dans , Alain Juppé réitère encore le « refus d’une barricadée, fermée à l’étranger ». Fort bien. En matière européenne, le général de Gaulle pratiqua parfois, et à bon escient, la politique de « la chaise vide ». Lui, ce serait plutôt celle de la chaise percée. Comme quoi il y a des hommes politiques qui font rêver et d’autres qui donnent envie d’aller aux cabinets.

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15 septembre 2014

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