Pour la promotion de son dernier livre « L’identité malheureuse », le philosophe Alain Finkielkraut est sur toutes les ondes. Ne nous en plaignons pas ! Ce n’est pas tous les jours qu’il nous est donné d’entendre un membre du comité d’honneur de la LICRA tenir les propos de . Jugez-en plutôt!

« Quelqu’un – un nouvel arrivant – qui vous dit “Je suis aussi français que vous” vole la de toute réalité » (France Inter) ;
« La France ne se métisse pas, elle se fragmente » (France Inter) ;
« La France n’est pas un droit de l’homme” ( 1) ;
« Il n’y a jamais eu de nation sans préférence nationale, c’est évident » (Europe 1) ;
« Les peuples européens ne veulent pas voir leur pays se transformer en auberge espagnole et ils ont raison » (Europe 1).

À l’écouter, la barbarie aurait un double visage, celui de l’ultralibéralisme (Laurence Parisot) et de l’ultralibertarisme (Eva Joly), une « nef des fous » avec pour équipage les « gardes rouges de l’idiotie compassionnelle ».

Jusqu’ici, tout va très bien ; sauf qu’interrogé sur la proximité de son discours avec celui du Front national, Alain Finkielkraut répond : « Le FN est exclu du pacte républicain, moi, je veux bien… mais le malheur, c’est précisément que l’ se saisisse de ce désarroi [identitaire] et que la n’en ait rien à faire… » (France Inter). Puis, probablement conscient de l’incohérence de ses propos, il se livre à une acrobatie mensongère en ajoutant : «… Il faut refuser la généralisation du FN qui fait payer à TOUS les immigrés le comportement de certains. »

Bref, pour Alain Finkielkraut, ce n’est pas la doctrine d’un parti politique qui détermine son degré de respectabilité, mais son étiquette. On pouvait attendre mieux. Au royaume des aveugles, le philosophe borgne nous fait un grand écart.

Et pourquoi un parti qui défend une politique qui lui tient tant à cœur [la défense de l’ française] devrait-il être exclu du pacte républicain ? Alain Finkielkraut ne serait-il pas plus avisé de se demander si l’incapacité de la gauche [et de la droite] à récupérer une thématique d’essence éminemment républicaine mais aujourd’hui portée haut par le FN (cf. le discours de Valmy de ) n’est pas justement la conséquence de son exclusion du pacte républicain ?

À l’évidence, Alain Finkielkraut préfère garder un œil fermé sur cette question-clé. La stratégie de diabolisation du FN, adoptée sous la pression des organisations juives au lendemain de l’affaire du « détail » il y a 25 ans, a été stupide. Aujourd’hui, le piège se referme sur ces inspirateurs, chaque élection se révèle une punition, « le diable » fait des petits.

Accroché au très médiocre comme un naufragé à une bille de bois, Alain Finkielkraut promène sa peine de livre en livre tandis que sa France chérie se délite. « La révolution est le frein de secours d’une civilisation qui roule vers l’abîme », nous dit-il en citant Walter Benjamin. Aujourd’hui, la main ferme qui tient le frein n’est pas la sienne, quoi qu’il en dise…

20 octobre 2013

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