Enfin !

Depuis quelques mois, je proposais à divers médias – télévision ou radios – un projet qui aurait consisté à poser à un certain nombre de personnalités une seule question, mais celle qui fâche, qu’on n’ose jamais formuler. C’était, à chaque fois, des réponses dilatoires ou franchement négatives. Avec présomption sans doute, je continuais à penser qu’il y avait dans mon envie une mine à creuser et le hasard qui est parfois bienveillant m’a facilité les choses.

En effet, grâce à une idée lumineuse de mon plus jeune fils et à l’assistance technique efficiente d’un neveu par alliance, j’ai pu, à partir d’aujourd’hui, mettre en ligne une série d’entretiens vidéo qui pourront, dès publication de ce billet, être consultés et visionnés sur ma chaîne YouTube.

ou, plus simplement, en tapant Philippe Bilger sur le site YouTube.

[…] J’étais probablement arrivé à un tournant de mon existence où, après avoir fourni des réponses en tentant toujours de les imprégner de sincérité, parfois au risque de la provocation – mais la vérité est rarement raisonnable ! -, j’éprouvais plutôt le désir de questionner, d’interroger, de laisser parler, de découvrir. Combien de fois, passionné par les émissions politiques et/ou culturelles, sérieuses ou de divertissement, même sportives, j’avais été frustré parce qu’il me manquait des éclairages essentiels, des réponses nécessaires, tout simplement parce que les journalistes n’avaient pas su, pu les faire advenir ou qu’ils les avaient trop vite réduits à la portion congrue par des interruptions intempestives et inutiles qu’ils confondaient avec l’intelligence de la contradiction ou l’audace du sujet. […]

[…] Les classiques, les sulfureux, les atypiques, les emblématiques, les discrets, les “grandes gueules” comme les délicats seront, s’ils le veulent bien, dans mon vivier à partir du moment où ma dilection parfois paradoxale pour eux me les aura recommandés. Je peux leur garantir une écoute équitable, un questionnement urbain et, je l’espère, une curiosité de bon aloi. Au fond, je voudrais pouvoir montrer comment, à l’intérieur d’eux-mêmes, ça marche. Rien de plus extraordinaire que d’entrer dans la “machine” humaine pour que cette dernière nous guide vers là où il lui plaît de nous emmener.

Je ne pouvais pas rêver d’une plus éclatante tête de série qu’ qui m’a fait l’honneur, grâce à l’entremise de mon amie, la brillante et nécessaire Élisabeth Lévy, de m’accorder ce premier entretien qui dure 38 minutes. Je l’ai entendu, retrouvé, écouté avec cette impression bienfaisante que je ne m’étais pas trompé dans mon admiration et qu’il offrait en toutes circonstances un élan, une sincérité, une profondeur, la passion de scruter au plus près la vérité, la complexité du monde, de la France, une aptitude indépassable au langage – heureusement, il n’y a pas un Finkielkraut pour le commun et un pour les médias, mais un toujours, pour tous.

D’autres suivront, que j’ai sollicités et qui m’accorderont, s’ils le veulent bien, leur confiance.

Au moins, ma tête de série ne les dissuadera pas de me suivre.

Extrait de : Alain Finkielkraut tête de série !.

17 novembre 2013

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