est heureux, on le comprend. Heureux à couler des jours heureux à la Brûlerie, dans le Loiret, dans sa propriété devenue « la base des Delon ». Heureux parce que, ce 2 novembre, France 3 dresse de lui un portrait magnifique. « Du véridique, pas de mensonge, pas de bobard, LA vérité », confie le géant du français au Figaro, après la découverte du reportage. Heureux, car à l’aube de quatre-vingts printemps, est plus libre que jamais de dire ce qu’il pense. Sur tout et en particulier sur son pays et les politiques à l’œuvre.

Souvenez-vous, il y a un an, l’acteur contre-attaquait, dans un courrier envoyé à l’AFP, en annonçant se démettre « définitivement de [son] titre de président d’honneur à vie du Comité Miss France » dont il fustigeait « la polémique aussi absurde que narcissique et obsessionnelle, et son attitude méprisante » de déni de réalité manifeste à l’égard de son public, « qui est en droit de voter pour qui il veut ».

En cause ? Des propos tenus, peu de temps auparavant, au quotidien suisse Le Matin, quand Alain Delon avait osé dire du bien du Front national ! Pire : il approuvait, il poussait et comprenait parfaitement bien pourquoi le Front national prenait « une place très importante. Affaire classée ? Pas pour Le Figaro qu’il recevait chez lui, à Douchy, bien décidé à pousser l’acteur au « dérapage » sur le sujet.

Les questions fusent. Que pense-t-il de la sortie de sur « la France, un pays de race blanche » ? Et « le Kenya, c’est un pays de quelle race ? », répondra-t-il, malicieux.

Que pense-t-il de François Hollande, de Manuel Valls ? Pour Delon, qui a connu la France de De Gaulle, alors… « C’était autre chose… » Il trouve que « ce qui se passe aujourd’hui est dégueulasse […] » On ne le lui fait pas dire. Du « dégueulasse » tellement partout qu’il ne jugera pas utile d’en préciser les domaines.

Puis vient la première question censée tuer : que pense-t-il aujourd’hui du Front national ? Parce qu’il aurait changé d’opinion, le gaulliste Delon ? Il aurait tourné casaque, l’ancien d’Indochine ? Il renierait cinquante ans d’amitié avec Jean-Marie Le Pen, le héros de La Race des seigneurs ? Non mais, ils l’ont bien regardé, celui qui cultive toutes sortes d’amitiés, y compris avec ceux qui ne pensent pas comme lui, pour oser le soupçonner d’infidélité et de déloyauté envers l’un de ses plus vieux amis ?

Qu’Alain Delon parle en bien du FN, passe encore. « Mais êtes-vous proche du Front national ? », c’est la deuxième question censée vous excommunier à tout jamais. Décodons : êtes-vous encarté ? Réponse : « Non. Et, si je l’étais, pourquoi n’en aurais-je pas le droit ? […] Le Front national représente quand même six millions de personnes. C’est six millions de cons ? On a le droit de ne pas aimer, mais on doit le respecter. »

Alain Delon trouve que Nadine Morano « a des c… » ? Lui aussi !

29 octobre 2015

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