Comme beaucoup de ses homologues californiens, Airbnb s’illustre régulièrement par des positions politiques qui lui permettent de se forger l’image d’une marque progressiste et libérale.

Ainsi, l’entreprise spécialisée dans l’hébergement de particulier à particulier s’était récemment démarquée en dévoilant un grand plan de lutte contre les discriminations raciales et sexuelles, un plan qui empêchait notamment aux hébergeurs de choisir librement leurs clients. Plus remarquable encore, le PDG d’Airbnb avait publiquement protesté contre le décret de régulation de l’ de l’administration Trump, promettant d’offrir un à toutes les personnes visées par le « Muslim Ban ».

Fidèle à son slogan #WeAccept, l’entreprise vient donc de dévoiler Open Homes, une plate-forme qui doit permettre aux particuliers d’accueillir gratuitement des réfugiés. Ce projet, qui compte sur la générosité des utilisateurs, s’appuiera notamment sur l’ancrage local des associations d’aide aux .

En France, l’entreprise s’est ainsi affiliée à SINGA, une jeune start-up connue pour avoir déjà mis en place un système appelé « Comme à la maison » qui devait favoriser l’accueil des réfugiés sur le territoire. Or, malgré les articles élogieux de la presse, malgré le soutien du ministre du Logement, malgré la contribution des réseaux Soros-Avaaz-Ricard, le projet n’avait pas pris. Ainsi, début 2016, seule une petite centaine de réfugiés bénéficiaient de ce service (alors que l’on comptait plus de 20.000 nouveaux réfugiés pour l’année 2015). Refugees Welcome, mais pas trop quand même…

L’échec de ce projet – échec également observé dans d’autres pays européens – nous autorise à nous interroger sur les débouchés de ce genre d’initiatives. D’autant plus que les procédures administratives liées au droit d’asile et à ce qui en découle sont complexes, et toute la charité du monde n’y changera rien. C’est d’ailleurs pour cela qu’il existe des structures spécialisées. Osons, aussi, nous demander si l’ubérisation du travail social et la déresponsabilisation de l’État sur la question de l’immigration ne posera pas de sérieux problèmes pour l’intégration de ces populations.

Sans parler du caractère discriminant de Open Homes. En effet, non seulement ce projet laisse de côté tous les qui n’ont pas le statut de réfugié – la plupart des migrants, donc -, mais il permettra aussi aux hébergeurs de choisir leur selon certains critères, ce qui contrevient à la politique de non-discrimination du site.

Servir les migrants ou se servir des migrants ? Dans tous les cas, Airbnb signe ici un magistral coup de qui sera au mieux appliqué sans efficacité, au pire préjudiciable à long terme pour les populations concernées et pour l’État. Voilà donc un bon moyen de se donner une belle image sans trop se mouiller ; un bon moyen pour nos compatriotes humanistes d’obtenir un fantastique faire-valoir social. « Avec Airbnb, adopte un migrant pour briller en », slogan fondateur d’un nouveau marché de la misère ?

11 juin 2017

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