Décollage immédiat pour la mondialisation heureuse et obligatoire. Avec sa nouvelle campagne de pub lancée en ce début avril, la compagnie aérienne – vitrine de notre pays depuis les années 1930 – a décidé de se soumettre un peu plus à la standardisation générale des pensées. Les bobos n’y verront qu’une « modernisation », une adaptation « inévitable ». Les réacs auront compris que l’univers avait encore rétréci.

Tout d’abord – signe des temps –, Air France a tout simplement abandonné son slogan en français ! Exit le « Faire du ciel le plus bel endroit de la Terre » qui avait un peu de gueule, place au ridicule « France is in the air » ! Vu le chemin qu’a choisi la direction, on finira un jour avec « Just do it ! » collé sur les avions, lesquels seront sans doute tagués. Bien sûr, pour tous les Attali pour qui la France n’est qu’un « hub » parmi les autres, cela ne posera pas de problème.

Alors, une capitulation de plus ? Mais non, rassurez-vous, il s’agit seulement, comme l’explique pudiquement Le Figaro, d’un « repositionnement »

Une des responsables de ce crime de lèse-francité, c’est la présidente de BETC, l’agence de publicité d’Air France, Bertille Toledano. La dame voulait sans doute « dépoussiérer » un univers trop ringard (on n’ose dire trop français) : « Ce que l’on voulait éviter dans cette campagne, c’est l’arrogance. Choisir l’anglais est un vrai signe d’ouverture. Air France doit renvoyer l’image d’une France en mouvement. » Ce qu’elle dit ne veut rien dire, mais bon, elle est publicitaire. Bertille, artiste incomprise ? Le magazine Vision Marketing en parle si bien: « Bertille Toledano a l’obsession de la création, mais pas de n’importe quelle création : “d’une création qui crée de la valeur pour les marques, qui leur donne du sens dans la vie des gens”. »

La campagne “new look” doit donc « sortir d’une approche très “franco-centrée” pour redonner une dynamique à la marque ». C’est sans doute pour cela qu’une des affiches représente une jeune femme noire enveloppée dans le drapeau tricolore. Encore un signe d’ouverture à la sacro-sainte « diversité ». Tant pis si, depuis la nuit des temps, l’image de la femme française se dessine toujours sous les traits d’une femme blanche. Je sais, c’est affreux, mais c’est encore ainsi que pensent les étrangers du monde entier !

Dans les autres affiches – histoire de ne pas braquer les clients trop conservateurs –, on garde un peu de « France » au fil d’une mauvaise série carte postale, pour faire comme si, une touche de Versailles, une pointe de gastronomie, mais de façon « décalée »… du style générique Canal+. « L’idée était d’être moins pompeux, de faire preuve de plus d’humour mais aussi d’esprit voire de panache, un caractère que les étrangers attribuent à la France et qu’ils aiment chez nous… » Bertille voit du panache, moi j’appelle ça un renoncement. Un de plus.

2 avril 2014

À lire aussi

Le gay de l’année victime de discrimination !

Matthieu Chartraire est le symbole de cette bataille culturelle perdue pour la gauche. …