Le saviez-vous ?

Vous avez le droit de séquestrer votre patron, de lui arracher sa chemise, de lui courir après, de l’humilier, et tout ce qui vous fait plaisir. Vous ne serez pas poursuivi.

Olivier Besancenot a très bien résumé et analysé la situation : “Sans-culottes 1/Sans-chemise 0”.

C’est tout à fait de cette nature.

En voyant cette foule de salariés en colère, on est saisi par la ressemblance avec l’image qu’on se fait de la foule de 1789 sur la route de Versailles.

Une foule qui a tous les droits, qui est dans son bon droit, face à une absolue, ou face à la sociale : c’est pareil.

C’est l’image désastreuse qui est donnée de la France, qui a déjà celle, qui lui colle à la peau, d’un pays qui a coupé la tête de son roi et de sa reine, et laissé mourir dans une geôle leur jeune fils. Les pays anglo-saxons ne sont pas étonnés, eux qui aiment à moquer le germe révolutionnaire qui sommeillerait en nous.

Les idées révolutionnaires ont porté de belles valeurs, et nous ont amené une belle République démocratique et laïque, mais elles ont drainé avec elle une terreur sanglante inutile, qu’on ne voudrait jamais voir revenir.

Et on est au 21e siècle, non ? Trois siècles se sont écoulés, et on en est encore à utiliser la violence physique comme moyen de se défendre et de faire évoluer la  ?

Les commentaires dans les médias, sous les articles de Mediapart notamment, sont édifiants : tous sauf exceptions justifient cette violence et, encore, seraient allés plus loin. Parmi les plus modérés, on trouve des excuses aux salariés : “Oui, mais”, “quand même, ils [les patrons] l’ont bien cherché”.

D’abord, ils ne s’en sont pas pris qu’aux patrons, mais à un DRH, qui n’est qu’un simple salarié, bien que cadre, et qui ne fait qu’exécuter la des dirigeants de la Société.

La comparaison avec les sans-culottes est alors bien vue : la violence physique d’abord, mais aussi, le fait de ne pas s’en prendre forcément aux bonnes personnes.

Des têtes ont été coupées, des hommes émasculés sans que ce soit les bons, pour pas grand-chose, au gré de la foule et de ses meneurs.

Ensuite, je pense à ces victimes sociales silencieuses, au premier rang desquelles les chômeurs, qu’on ne voit pas beaucoup molester des patrons, ni quiconque d’ailleurs.

Je pense aussi aux petits indépendants que sont les auto-entrepreneurs, les petits commerçants, artisans, professions libérales sinistrées, qui gagnent bien moins qu’un salarié d’Air France, sans statut, sans salaire assuré chaque mois, sans payées à rallonge, ni vacances du tout, sans droits au chômage, sans droit à la formation, sans comité d’entreprise, sans ticket- ni chèques-vacances, etc., avec en perspective de tout petits droits à la .

C’est à croire que les syndicats, financés par l’État, seraient peut-être bien inspirés de mettre à la disposition de certains des formations à la non-violence.

La serait, quant à elle, bien avisée de condamner comme il se doit les auteurs de ces violences, qui ne doivent pas rester impunis, comme il est d’usage actuellement.

Qu’on en finisse avec cette exception française de violence anti-patrons qui est inutile et fait de nous la risée du monde !

9 octobre 2015

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