Nous avons appris récemment le retour sur le sol national de Pascal Fauret et Bruno Odos, les pilotes de l’affaire mal nommée « ».

Personnellement, je me réjouis que mes collègues, Pascal et Bruno, que j’ai rencontrés sur place peu avant leur procès, aient finalement et avant leur procès en appel échappé à cette « justice » dominicaine (avec d’énormes guillemets).

Je voudrais d’abord dire à ceux qui ne le savent pas qu’un commandant de bord (ou son copilote par délégation) n’a aucune autorité à bord de son avion, dans le cadre de sa mission, pour faire ouvrir et inspecter les valises personnelles de ses passagers, pas plus que le fret.

À ma connaissance, seule une autorité judiciaire telle que service des douanes ou officier de police judiciaire le peut. Un commandant de bord est responsable des personnes et fret transportés en termes de sécurité ou sûreté du vol. Ce sont les passagers qui sont responsables de leurs actes et du contenu de leurs bagages et ce sont les propriétaires du fret qui sont responsables du contenu des colis. Ce sont d’ailleurs eux qui doivent déclarer officiellement la présence éventuelle de marchandises dangereuses. Évidemment, pour des produits illicites en général, stupéfiants en particulier, il n’y aura aucune déclaration qui vaille.

J’ai été pilote d’aviation d’affaires au tout début de ma carrière et j’affirme qu’il aurait tout simplement été inenvisageable de demander à un quelconque client d’ouvrir ses bagages pour en contrôler le contenu. J’aurais d’ailleurs très certainement été d’abord licencié pour faute lourde et ensuite assigné en justice pour abus de pouvoir (au minimum) ! Même aujourd’hui, dans le contexte particulier lié au terrorisme et aux trafics en tous genres, les pouvoirs du commandant de bord d’une compagnie aérienne classique – pouvoirs issus du Code de l’aviation civile et des conventions internationales – se limiteront au débarquement de tout individu ou fret suspect. Mais même là, il faut bien comprendre que la suspicion légitime invoquée porte sur la sécurité (danger d’accident) ou la sûreté (danger lié au terrorisme) du vol.

La condamnation à 20 années de prison à l’encontre des deux pilotes n’était ni plus ni moins qu’un déni de justice qui aurait dû entraîner une réaction de l’État français autre que “diplomatique”, c’est-à-dire inexistante.

Et il n’y avait aucun espoir qu’un procès en appel puisse garantir une quelconque équité dans cette « République » dominicaine.

Enfin, nous pouvons d’autant plus nous réjouir du retour de nos compatriotes qu’ils ont dès leur retour affirmé en public et par la voix de leurs avocats qu’ils étaient bien évidemment à la disposition de la justice française, qui les a d’ailleurs depuis mis en examen pour “importation de stupéfiants en bande organisée et association de malfaiteurs”.

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