« À ceux qui prenaient la parole pour tenter d’éveiller les consciences sur les dangers de ce désarmement intellectuel, culturel, spirituel et moral auquel conduisait ce nihilisme, il fut intenté des procès en sorcellerie. Ceux qui dénonçaient les méfaits du pédagogisme à l’école étaient disqualifiés comme réactionnaires… Ceux qui disaient qu’un pays a besoin de frontières étaient pétainistes. Ceux qui évoquaient l’immigration comme un problème étaient racistes…. Les partisans d’une justice plus ferme avec les délinquants, les défenseurs de l’autorité étaient traités de fascistes… »

C’est à la plume d’Henri Guaino, nous informe Le Figaro, que sont dus ces propos qui ne sont pas sans évoquer l’époque pas si lointaine où la pensée politique de Nicolas Sarkozy sortait tout du cerveau de et était mise en forme par le même Guaino. Tels quels, ils sont extraits du discours d’une belle facture et d’une vigueur certaine que l’ancien président de la République, à défaut de l’avoir écrit, voire relu, a prononcé et assumé avant-hier à Schiltigheim, banlieue populaire de Strasbourg, dans le cadre de la campagne électorale des régionales.

Décidément en verve, l’ancien chef de l’État, ou en tout cas son scribe, est allé bien plus loin lors de la même intervention en parlant de « décennies de renoncement. » Michel Houellebecq avait fait sensation, l’autre jour, en déclarant au Corriere della Sera que « depuis dix, vingt ou trente ans » nous étions gouvernés par des incapables et des imbéciles. Renchérissant encore sur l’insolent, l’actuel président des « Républicains » n’a pas hésité à dénoncer « les conformismes qui façonnent l’opinion depuis quarante ans ». Quarante ans ? Peste ! Donc, si l’on calcule bien, c’est à M. Valéry Giscard d’Estaing que remonterait un mal français que n’ont pas tenté ou que n’ont pas réussi à enrayer ses successeurs, à savoir François Mitterrand, Jacques Chirac et… François Hollande.

Celui qui se veut aujourd’hui le leader de l’union de la droite et du centre, en attendant mieux, s’est posé à Schiltigheim en défenseur de l’ nationale, des racines chrétiennes de la France, de la maîtrise de nos frontières, de l’autorité à l’école et donc, face au terrorisme et à la décadence, en adversaire implacable des abandons de souveraineté consécutifs aux accords de Schengen, au traité de Lisbonne et autres pactes d’irresponsabilité ou des renoncements, des démissions et des capitulations qui ont fait de l’école une pétaudière, de nos les viviers du terrorisme et de la France une zone de non-droit. Il n’était que temps que M. Sarkozy fît son entrée dans notre paysage politique.

27 novembre 2015

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