Editoriaux - Santé - 6 mai 2019

Aidants familiaux : il faut améliorer la conciliation vie familiale et professionnelle !

Lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron a souligné la nécessité de mieux « reconnaître » le rôle des aidants. Pour faire suite à cette déclaration, Agnès Buzyn a annoncé, le 26 avril dernier, sur RMC et BFM TV, que certaines mesures seront prises cette année pour une application dès janvier 2020. Le ministre s’est notamment déclaré « favorable » à l’instauration d’un congé rémunéré pour les aidants.

La solidarité qui existe au sein de la famille est un mur porteur pour tout un chacun. Mais cette solidarité, aussi bénéfique qu’elle puisse être, n’en demeure pas moins particulièrement spécifique lorsque l’un des membres est en situation de perte d’autonomie. Trop souvent, à l’heure actuelle, il faut bien le dire, cette situation est simplement la conséquence du manque de réponses. Les politiques publiques se reposent, jusqu’à maintenant, massivement sur les familles alors que cela relève, par définition, d’une politique publique. Le soutien de la famille est alors primordial pour la personne handicapée dans l’accomplissement de son quotidien. Emmanuel Macron a raison de dire que cette aide doit ouvrir des droits. Cette prise de conscience est à saluer !

La réalité, c’est que l’aidant, dans les faits, accomplit un travail d’auxiliaire de vie, mais il n’a droit ni à la déconnexion, ni même à des vacances, ou plutôt si, mais sans être rémunéré. Par ailleurs, comme si cela ne suffisait pas, le salaire qu’il perçoit est inférieur à celui d’un professionnel et, surtout, ne donne accès ni aux droits sociaux ni aux droits à la retraite ! Pourtant, cette « rétribution », si modeste soit-elle, n’en demeure pas moins imposable !

Souvent, l’aidant se fait passer au second plan, se négligeant parfois même au prix de sa propre santé. À ce titre, l’aidant est tout sauf un privilégié. Comme nous tous, il a besoin et il a le droit d’avoir des temps de repos. Par ailleurs, il se peut aussi que l’aidant soit, par exemple, hospitalisé. Comme il n’est pas possible de laisser la personne seule, il apparaît que développer des formules de renfort et des centres d’accueil de jour est également une nécessité.

De plus, il ne faudrait pas oublier de veiller à améliorer la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle en permettant au bénéficiaire du congé de proche aidant de percevoir une allocation journalière au moins équivalente à l’allocation journalière de présence parentale.

En effet, être aidant a souvent pour conséquence de bouleverser la vie professionnelle, de ne plus en faire une priorité, ce qui n’est pas sans répercussions socioéconomiques. Etre aidant et en situation d’emploi se fait souvent, en effet, au détriment de l’emploi car on est parfois peu payé et l’employeur n’est pas toujours compréhensif sur le temps de travail ; on se retrouve, ainsi, lésé sur les cotisations. Il est donc essentiel de valoriser le temps passé chez les aidés !

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