Ce mardi 26 janvier, alors qu’ils défilaient avec les étudiants réclamant la réouverture des universités, une vingtaine de militants de La Cocarde se sont fait violemment attaquer par des antifas. Boulevard Voltaire était sur place et a pu recueillir des témoignages.

Julien, 20 ans, est étudiant à l’université de la Sorbonne en Histoire. Avec l’association La Cocarde étudiante dont il est membre, il a voulu rejoindre la manifestation des étudiants pour la réouverture des universités avant que des militants antifas ne les attaquent. En tentant de battre en retraite, le jeune homme s’est fait tabasser.

Julien, avec vos amis de La Cocarde, vous avez rejoint la manifestation des étudiants pour la réouverture des universités. Que s’est-il passé ?

On rejoignait la manifestation notamment pour la réouverture des facs, mais aussi pour d’autres mesures. On ne venait pas en tant que La Cocarde, on était là en tant qu’étudiants, pour que soient prises des mesures pour les étudiants. Nous avons sorti notre banderole, sur laquelle était inscrit un slogan étudiant… Au bout de 10 ou 15 minutes, des antifas, cagoulés et armés, sont arrivés et nous ont attaqués.

Vous ne les avez pas provoqués pour qu’ils vous attaquent ?

Non, nous n’étions pas là pour ça. Aucun militant de La Cocarde n’était armé, nous leur avons même dit d’arrêter. On le voit bien sur le communiqué vidéo qu’a sorti La Cocarde, ce n’est pas nous qui sommes allés à l’affrontement. Nous avons réussi à garder la banderole et commencé à nous déplacer pour quitter la manifestation de manière organisée.

Vous saviez que vous alliez à une manifestation de gauche ?

On savait qu’on allait à une manifestation de la CGT, mais on ne pensait pas que ça tournerait ainsi. Nous étions là en tant qu’étudiants, même notre banderole n’avait aucun lien avec La Cocarde. À part s’ils nous avaient fichés et connaissaient nos visages grâce à nos tractages, il n’y avait pas moyen de nous relier à La Cocarde.

Et vous, que vous est-il arrivé ?

À ce moment-là, j’étais devant le groupe, donc je me suis fait prendre à partie. Ils étaient quatre ou cinq contre moi, je suis tombé au sol. Ils m’ont tapé alors que j’étais au sol. Un ami est arrivé et m’a relevé et j’ai réussi à sortir de la manifestation. Les pompiers sont venus pour moi et deux autres camarades, aussi blessés.

Vous avez été atteint gravement ?

Je suis allé à l’hôpital Cochin avec les deux autres de La Cocarde. J’ai fait une radio des genoux, des épaules et du nez. Je n’ai rien aux genoux, rien aux épaules, mais j’ai peut-être le nez cassé, je dois refaire une radio. Quant aux deux autres jeunes qui étaient avec moi, l’un a reçu un coup à l’œil et l’autre a dû se faire recoudre le crâne.

26 janvier 2021

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