Agnès « G7 » Saal fait son grand retour après quelques mois passés au piquet, bonnet d’âne sur la tête. Suite à une immense polémique relative à ses frais de taxis hors normes, l’ancienne présidente de l’Institut national de l’audiovisuel avait été exclue pour deux ans de la fonction publique par décret présidentiel en janvier dernier, dont six mois ferme.

Si la sanction paraissait assez faible au regard des faits, elle avait pourtant suffi à outrer une bonne partie de la caste « artistocratique », trop sûre de son impunité. Tous les petits barons du monde de la culture ont pris la défense d’, coupable d’avoir détourné 400.000 euros pour des déplacements en taxis, alors même qu’elle disposait de son propre chauffeur.

Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et prédécesseur de Catherine Pégard à la tête des expositions temporaires du château de Versailles (souvenez-nous du Vagin de la Reine du Britannique Anish Kapoor), faisait notamment partie de ses plus zélés soutiens. Aux côtés de Jean-Jacques Aillagon, des camarades de classe (sociale) comme Jean-Paul Cluzel, président en titre de la Réunion des musées nationaux, ou Jean-Noël Jeanneney, ancien président de la Bibliothèque nationale de France.

Le monde de la culture, tout comme celui de la haute fonction publique, est consanguin. On se protège, on se coopte, on se connaît. Surtout, on se pense au-dessus du vulgum pecus, donc des lois. Ses soutiens n’ont pas un seul instant pensé que les faits reprochés étaient graves. Agnès Saal, elle-même, n’a jamais cru en sa propre culpabilité, s’estimant devenue « un symbole de la trahison des élites ». Elle ne s’est pas excusée auprès des contribuables, elle ne s’est pas amendée. Se dépeignant en martyre, elle n’a su, pour laver son honneur, que salir celui d’autres hauts fonctionnaires, les décrivant comme plus dépensiers qu’elle mais plus habiles à le cacher.

est la représentation parfaite de la République des copains voulue par François Hollande. Une République dans laquelle les coquins ont toute leur place. Quand une personnalité est condamnée, ce n’est que pour un temps, forcément réduit. Dans le privé, on peut ne jamais s’en remettre.

Preuve que l’« affaire, elle, est terminée », comme pourrait le dire le député Razzy Hammadi, s’occupera d’une tâche prioritaire en « sociétalie », missionnée pour piloter la double démarche de labellisation « égalité professionnelle » et « diversité » auprès du secrétariat général du ministère de la Culture. Elle fera la chasse aux « hommes blancs de plus de 50 ans » les plus honnêtes, pour veiller à ce qu’ils soient bien remplacés par des personnes issues de toutes les « diversités ».

Comment, en période de crise, les Français comprendront-ils cette réintégration ? Y verront-ils un signe supplémentaire de l’hypocrisie d’un pouvoir aux abois ? Oui, François Hollande a réalisé une promesse de campagne. Sa République est exemplaire, exemplairement ripouxblicaine.

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7 juillet 2016

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