Pour comprendre quelque chose aux notes de taxi d’, il convient de se munir d’une calculette et d’une boîte de calmants. Donc, récapitulons : 40.000 € lors de son séjour à la tête de l’INA. 38.000 dépensés entre janvier 2013 et avril 2014 alors qu’elle dirigeait le Centre Pompidou, mais, selon L’Express, une note globale de 400.000 € sur les sept ans passés à ce poste. Somme contestée par la direction actuelle qui parle de « seulement » 90.000 €. En soi, l’affaire mérite expo. 1er étage du musée : Agnès Saal. Collages de notes de taxi. Pierre Bergé parraine l’événement. Comme d’habitude, le peuple ne comprend rien à l’art moderne. L’événement peut faire date.

Petit détail de taille que les médias omettent quelque peu de signaler : la voyageuse intra-muros bénéficiait d’une voiture de fonction avec chauffeur ! Se déplaçait-elle en plusieurs morceaux ? Un bout dans un taxi, l’autre dans la bagnole fournie par l’État... Des professionnels du music-hall enquêtent.

À ce niveau de factures, il paraît tout de même assez peu probable qu’ se soit contentée de déplacements en région parisienne. Guide du routard en poche, la diva des tacots a peut-être exploré le monde ? Beyrouth, Los Angeles, Montélimar, la belle a roulé sa bosse. Ou bien encore, sait-on jamais, vivait-elle une passion amoureuse avec un chauffeur de taxi ? Le véhicule en guise d’alcôve et ce satané compteur qui tournait… Contraint de bâcler, l’amant fit sans doute ce qu’il put pour écourter les séances et, ainsi, alléger les douloureuses… Un héros méconnu que François Hollande se doit de décorer ?

Mais ne nous égarons pas dans des supputations de bas étage puisque Agnès Saal, en vérité, passait sûrement ses vacances avec sa famille dans une Volvo break de la compagnie G7. Rideaux vichy aux fenêtres, l’endroit était chaleureux et permettait d’aller directement du bureau à une sorte de chambre d’hôte roulante où l’attendaient mari, enfants et animaux domestiques. Classé trois épis au répertoire des « Gîtes de France », ce lieu de villégiature est très prisé des hauts fonctionnaires surbookés.

Passées ces hypothèses plausibles quoique féériques, reste l’éventualité moins joyeuse de la dépendance. Ce mal méconnu qui ronge les ministères : la taxicomanie. Le sujet commence par une petite course de 500 mètres, puis il goûte à la porte de Clignancourt, porte de Bagnolet, ensuite Argenteuil, Cergy-Pontoise deux fois par jour, Corbeil-Essonnes matin et soir, le point de non-retour est atteint… Parfois l’overdose. Le technocrate est retrouvé mourant de faim et de soif dans un taxi abandonné… a donc été sauvée d’une mort certaine par la révélation des sommes astronomiques qu’elle versait à ses dealers.

Actuellement réintégrée au ministère de la Culture où elle subit une cure de désintoxication implacable à coups de déplacements en vélo d’appartement, l’ex-directrice itinérante devrait être sortie d’affaire d’ici quelques semaines pour faire face aux poursuites pénales qui ne manqueront pas de la ramener complètement à la vie normale.

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26 juin 2015

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