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Editoriaux - International - Politique - Presse - Société - Table - 10 juillet 2015

Affaire des “robes courtes” : Rachida Dati prend la défense du Maroc

Le 6 juillet, près d’Agadir, au , s’ouvrait le procès de deux jeunes femmes, âgées de 23 et 29 ans.

Trois semaines auparavant, alors qu’elles se promenaient dans le souk d’Inezgane, elles se retrouvèrent encerclées et malmenées par des marchands ambulants, scandalisés par leur tenue vestimentaire. Sauvées in extremis par les forces de l’ordre… qui les arrêteront pour « outrage public à la pudeur » : elles portaient des robes jugées “trop courtes”. Selon l’article 483 du Code pénal de ce pays, une infraction passible d’un mois à deux ans de prison et d’une amende de 120 à 500 dirhams.

, interrogée sur cette affaire par France Info, s’est-elle émue du sort réservé à ces jeunes filles ? A-t-elle défendu la liberté de porter des robes ? A-t-elle dénoncé la montée de l’islam littéral dans ce pays ? Absolument pas. La « chouchoute du Président » (enfin, de l’ancien…), passablement énervée, a commencé par accuser la France d’avoir une « responsabilité » dans la « déstabilisation » de certains pays. Au Maroc ? Elle doit confondre avec la Libye… Une assertion qui donne raison à certains élus qui prétendaient qu’elle « ne connaît pas très bien ses dossiers »

En outre, si elle « connaît très bien le Maroc », « qui a beaucoup évolué sur les droits des femmes », madame Dati fait montre d’ignorance affligeante ou de malhonnêteté écœurante, cette affaire signant indubitablement la régression de ce pays. En effet, au début des années 80, les jeunes Marocaines autant que les « gazelles » (surnom amical désignant les touristes françaises) pouvaient se balader partout en short, tee-shirt et cheveux au vent, sans faire l’objet de la moindre agression. Rachida ne le savait pas ?

Si elle était juste, madame Dati ne s’empresserait pas de louer les inscriptions, dans la Constitution, en 2011, par le roi du Maroc – le Commandeur des Croyants, précise-t-elle -, de l’égalité homme-femme, de la suppression de la polygamie, et de la répudiation des femmes, car le royaume fait partie des 57 pays islamiques à avoir ratifié la Déclaration des droits de l’homme en islam, au Caire, en 1990. Déclaration dont l’article 24 précise que « tous les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration sont soumis à la charia ». Madame Dati n’est pas au courant ?

Donc, selon la « tigresse », le roi « prend ses responsabilités » sur tous ces sujets. En outre, selon l’ex-garde des Sceaux, jeter en prison deux jeunes filles pour port de robe ne relève pas d’« une responsabilité d’État ». Ah bon ? Mais de laquelle, alors ?

Le comble, c’est de l’entendre protester qu’il faut « laisser les sociétés évoluer », prenant l’exemple du « mariage pour tous » en France, qui a donné lieu à des « soulèvements, des violences, des blocages ». Euh, là, elle mélange tout, non ? Ce ne sont pourtant pas les homosexuels qui ont été gazés ou embarqués par la police pour cause de port de tee-shirt « papa, maman et les enfants » ?

Et, le clou : « Il faut faire très attention à ne pas provoquer des fractures là où il n’y en a pas. » Sage conseil… mais pas pour la France, bien sûr !

Rachida Dati, la dame qui « humainement en a déçu plus d’un ». Et politiquement, donc !

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