Dénoncé par le site Islam&Info se présentant comme un site d’information “par le musulman pour le musulman”, après avoir publié une vidéo dans laquelle il se présentait en uniforme militaire au lendemain des attentats contre les membres de Charlie Hebdo, Marcel Doisne, la soixantaine, voyait sa vie basculer du jour au lendemain.

En effet, à la suite de cette alerte diffusée en masse sur les réseaux sociaux et le présentant comme “dangereux” et “islamophobe”, notre concitoyen, qui avait appelé à la mobilisation de tous les patriotes face à la menace terroriste en affirmant être prêt à donner sa vie pour son pays, se voyait convoqué par la brigade territoriale de gendarmerie de son domicile, en Mayenne, où il était entendu et son domicile perquisitionné.

À la suite de cette curieuse enquête, Marcel Doisne était renvoyé devant le tribunal correctionnel de Laval le 3 septembre dernier où son avocat, Maître Gabriel Versini, dont l’assistance fut obtenue grâce au soutien de l’Association nationale de défense égalitaire de la liberté d’expression (ANDELE), plaida la relaxe pure et simple de son client, relaxe obtenue par un jugement rendu le 15 septembre suivant.

Malgré l’absence de plainte et, par conséquent, de partie civile, le parquet de Laval décida de faire appel de la décision, et Marcel Doine fut renvoyé devant la cour d’appel d’Angers le 10 mars 2016, où un coup de théâtre pour le moins étonnant se produisit : en effet, l’avocat général, avant même l’ouverture des débats, prit la parole et annonça qu’il renonçait à toute poursuite contre le prévenu à la lecture des conclusions de son défenseur Maître Gabriel Versini.

Au-delà de cette décision favorable qui, au final, n’est autre qu’une victoire du droit sur le communautarisme, il convient de s’interroger sur l’origine de cette affaire. Comment le ministère public peut-il poursuivre un justiciable sur la foi d’une dénonciation provenant d’un site dont la réputation sulfureuse a été mise plusieurs fois en exergue par des enquêtes journalistiques du fait de l’appartenance de ses dirigeants à la mouvance salafiste ?

Si les justiciables pouvaient se faire rembourser leurs frais d’avocat, le problème ne se poserait pas dans les mêmes termes. Par ailleurs, il convient de souligner que ce de procédure est, bien entendu, financé avec l’argent du contribuable.

Saluons, toutefois, le bon sens des magistrats qui ont dit le droit sans idéologie aucune, réaffirmant dès lors qu’il ne suffit pas de dénoncer une personne pour qu’elle soit coupable, quand bien même ladite dénonciation provient d’un réseau communautaire largement défendu par notre exécutif…

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