En , les corps de 800 nouveaux nés ont été découverts dans une fosse commune près d’un couvent qui aurait accueilli des jeunes mères célibataires tombées enceintes hors mariage entre 1925 et 1961.

J’ai eu connaissance de cette information sur Twitter où l’on m’a sommé de condamner cette abomination commise une fois de plus par l’Eglise catholique qui n’en serait pas, comme chacun sait, à son premier forfait.

S’il était prouvé que les religieuses du couvent du Bon Secours s’étaient rendues coupables de comportements attentatoires à la vie de ces enfants, je serais le premier à rejoindre le cortège de l’indignation. Il m’est déjà arrivé d’agir dans ce sens.

Mais en l’occurrence, c’est aller un peu vite en besogne et faire porter aux religieuses et à l’Eglise des responsabilités qui n’étaient pas les leurs. Et certains commentaires s’éloignent singulièrement des faits.

Comme l’Eglise l’a toujours fait et continue à le faire, les religieuses du Bon Secours accueillaient des filles mères, les protégeaient et leur permettaient d’accoucher chez elles. La société de l’époque était sans doute prompte à condamner ces jeunes femmes mais les religieuses, au contraire, étaient dans une position d’accueil à leur égard. Il est injuste de leur en faire le reproche.

Une fois nés, les bébés devenaient des pensionnaires de l’orphelinat dans cette Irlande très pauvre de la première moitié du XXème siècle où la mortalité infantile faisait des ravages partout et spécialement dans des institutions qui ne vivaient pas dans l’opulence. Donc, un nombre important de ces enfants mouraient de maladies infantiles, ou de malnutrition, ce qui n’était pas exceptionnel dans ce pays à l’époque.

Là où l’information déraille, c’est quand on commence à parler de maltraitance et de charnier, mots chargés de significations lourdes qui suggèrent que ce sont les religieuses elles-mêmes qui auraient causé la mort de ces nouveaux nés, ce qui est tout de même un comble. Rien n’indique que ces mères et ces enfants aient été victimes de mauvais traitements, hormis celui de partager une situation de misère commune.

La critique venant d’un pays comme la France qui admet 220.000 avortements par an depuis quarante ans ne manque pas d’audace quand elle reproche à l’Eglise de laisser mourir en masse ceux que certains appellent les « enfants du péché ». Il est vrai que, depuis cette époque, il est préférable d’avorter son enfant plutôt que de le confier à l’adoption. Nous avons inventé l’homicide par amour, sa légalisation, voire son remboursement par l’assurance maladie, quand ce n’est pas sa promotion au rang d’une vertu républicaine.

S’il faut une preuve récente, l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France en est aujourd’hui à assigner un objectif de performance aux établissements dont l’activité d’avortement est jugée insuffisante au regard de leur activité totale en obstétrique. Alors les critiques adressées aux pauvres religieuses irlandaises, au sens propre, c’est l’hôpital qui se moque de la charité…

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