Avec l’affaire Cahuzac, peur sur la ville et péril en la demeure, tandis que le tricycle de l’État hollandais brinquebale sur le volcan. D’où l’urgence de dresser une digue ou deux contre le tsunami mariniste à venir. Ainsi, Jérôme Cahuzac serait-il lié à la présidente du Front national. Directement ? Bien sûr que non. Mais par un de ces raisonnements en « marabout de ficelle, selle de cheval », cher à Caroline Fourest, imbattable en matière de journalisme d’investigation à la sauce Rantanplan.

Résumons. En 1992, Philippe Peninque, ancien du GUD, tout comme son ami Jean-Pierre Emié, comptent au nombre des copains de Jérôme Cahuzac. Philippe Peninque, avocat fiscaliste, ouvre un compte suisse pour Jérôme Cahuzac. Mais comme le Peninque en question est actuellement – c’est-à-dire 21 ans plus tard – l’un des conseillers de Marine Le Pen, pas le seul, pas le premier et encore moins le dernier, la boucle est bouclée, cette dernière est donc complice, même si à l’époque, elle n’affichait que 24 printemps et s’apprêtait tout juste à prêter serment au barreau. Ça, c’est du lourd, coco.

Dans la même logique, poursuivons : Bernard Emié, actuellement ambassadeur de France à Londres, ancien chargé de mission d’Alain Juppé et conseiller diplomatique de Jacques Chirac, n’est autre que le frère de Jean-Pierre Emié. Jackpot ! Le RPR et l’Élysée sont aussi dans le coup…

Ne riez pas, c’est dans Le Monde et, de plus en plus souvent, ça marche comme ça. Démonstration.

Jean-Jacques Augier fut le trésorier de la campagne présidentielle de François Hollande en 2012. C’est un ancien camarade de l’actuel Président, promotion Voltaire à l’ENA, cru 1980. Le même Augier est actionnaire de deux sociétés offshore aux îles Caïmans. Rien d’illégal jusque-là, pas plus que le compte de Cahuzac ouvert par Peninque, mais point de vue gauche sociale, ça ne sent pas vraiment son Germinal… Là où ça se complique, c’est qu’en 2013, Jean-Jacques Augier rachète le magazine gay Têtu à Pierre Bergé… Pierre Bergé, financier de Ségolène Royal durant sa campagne présidentielle de 2007… Ségolène Royal, mère des enfants de François Hollande et issue de cette fameuse promotion Voltaire ; rien à voir avec le boulevard du même nom et l’ami Robert Ménard. Quoique…

Attention ! Jean-Jacques Augier est homosexuel. Et, le 25 juin 2011, dans le journal qui ne lui appartenait pas encore – mais qui sait ? –, seules deux autorités religieuses acceptaient de signer la pétition du comité IDAHO (Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie) : Le 17e Karmapa, Trinley Thayé Dorjé et, plus sérieusement, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim. Les connections occultes sont évidentes et le complot permanent.

Car Libération, le 29 mars dernier, dit l’indicible à propos de Jean-Jacques Augier : « Indices de sa sinophilie, un grand bouddha surveille son salon, parquet sombre et étoffes précieuses… » Pour tout arranger, son petit ami est chinois et Augier a investi en Chine. Pis que tout, Gilles Bernheim ne peut qu’être dans la combine, partageant au moins ceci de commun avec Jérôme Cahuzac, le traditionnel art de la dissimulation : lui aussi a menti aux juges avant de piteusement se rétracter.

En effet, celui dont les textes pieux permirent au pape Benoît XVI de structurer son argumentaire contre le mariage gay n’était jamais rien d’autre qu’un émule de Jean-Baptiste Botul, ses Quarante méditations juives ayant été largement repompées, façon Shadoks, sur un ouvrage, signé en 1996, par un certain Jean-François Lyotard qui ne lui avait pourtant rien demandé.

La contrition n’est donc pas réservée qu’aux seuls catholiques, l’éminent rabbin ayant avoué : « Je demande pardon aux auteurs dont les textes ont été copiés, aux personnes qui ont lu ces méditations, ainsi qu’à mon éditeur. » Ne lui manquait plus, comme aux Césars, de remercier sa mère et sa tata…

Voilà donc la preuve administrée, dans ce raisonnement où chaque information est authentique, qu’il est néanmoins hasardeux d’y voir un plan ourdi par cette nébuleuse allant des juifs aux Chinois, des homosexuels à l’Internationale noire, et de Marine Le Pen à la chasse au Dahu.

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