Brèves - Justice - Politique - Presse - Société - 5 septembre 2016

Affaire Bygmalion : l'avocat de Sarkozy dénonce une "manoeuvre politique grossière"

Selon une information d’Europe 1 confirmée par l’AFP, le parquet de Paris a demandé, le 30 août dernier, le renvoi devant le tribunal correctionnel de Nicolas Sarkozy pour sa participation présumée à l’affaire dite “Bygmalion” désignant l’explosion de ses frais de campagne pendant l’élection présidentielle de 2012.

Les juges ont un mois pour décider

Il appartient maintenant aux juges d’instruction de suivre ou non ses réquisitions. Ils ont un mois, à compter du 30 août, pour formuler leur décision. Les juges peuvent décider de suivre le parquet et donc de renvoyer Nicolas Sarkozy et les autres mis en examen devant le tribunal correctionnel. Ils peuvent décider de ne pas le faire, et rendront dans ce cas, une ordonnance de non-lieu. Sarah-Lou Cohen, journaliste police-justice de BFMTV explique:

“C’est l’avant dernière étape. Dans un mois on saura si les trois juges vont suivre ces réquisitions ou pas. On sait qu’il y a des divergences parmi eux, peut-être qu’il y aura une surprise”.

Parmi les 14 personnes mises en examen, figurent d’anciens cadres de l’ex-UMP, comme Eric Cesari, des responsables de la campagne présidentielle, comme son directeur Guillaume Lambert ou Jérôme Lavrilleux, et les responsables de la société Bygmalion, dont la filiale Event and Cie organisait les meetings de la campagne sarkozyste.

Le clan Sarkozy prépare la contre-attaque

Dans cette affaire, le candidat à la primaire de la droite et du centre était mis en examen, soupçonné d’avoir orchestré le maquillage de ses comptes de campagne pour en cacher le dépassement.

Dans le clan Sarkozy, “une contre-offensive judiciaire, dont on ne connait pas encore la teneur et la nature, se prépare”, explique Sarah-Lou Cohen. Dans la foulée de l’annonce du parquet, Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy, s’est rendu chez son client.

L’avocat a dénoncé “une nouvelle manoeuvre politique grossière”, tout comme Eric Ciotti qui évoque “un hasard du calendrier, au moment où le procès Cahuzac s’ouvre”.

Une décision qui va peser sur la primaire

Cette décision, rendue en pleine primaire de la droite, va peser sur le scrutin, qu’elle qu’en soit l’issue. Les opposants à Nicolas Sarkozy, comme Alain Juppé et François Fillon se servent déjà de son statut de mis en examen pour développer leurs arguments. En lançant : “Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?”, François Fillon avait aussi évoqué sa conception de la probité en politique.

D’après Laurent Neumann, journaliste au service politique de BFMTV, “il n’y aura aucun procès dans cette affaire avant l’élection présidentielle”. “Si par hasard Nicolas Sarkozy était renvoyé en correctionnelle et s’il était élu, il ne serait jugé qu’en 2022”, en vertu de l’immunité présidentielle.

Dans cette affaire, deux versions s’opposent: celle des dirigeants de Bygmalion qui affirment que tout l’organigramme du parti était au courant du système de fausses factures, et de l’autre, celle de Nicolas Sarkozy qui a toujours clamé qu’il avait découvert la double-facturation lorsque l’affaire a éclaté dans la presse.

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