Avec Bruno Le Roux, c’est un gros calibre du qui vient d’être pris dans les filets d’une presse décidément aux aguets. Soupçonné d’avoir employé ses deux filles comme “assistantes parlementaires” alors qu’elles étaient mineures, le tout pour 24 CDD représentant environ 55.000 euros, le ministre de l’Intérieur, ancien chef du groupe parlementaire socialiste à l’Assemblée nationale, se retrouve ainsi plongé au cœur d’une tourmente médiatique. Sur le fond, cette nouvelle affaire ne nous apprend rien que nous ne savions déjà. La classe politique, dans son ensemble, s’est, au fil du temps, arrogé de nombreux avantages et régimes d’exception qui font d’elle, aujourd’hui, un modèle d’injustice et le déplorable symbole d’une république bananière.

Au cours des prochains jours, émanant la plupart du temps de ceux-là mêmes qui appartiennent à ce monde à part, les grandes déclarations vont se succéder. Et il n’y aura pas de mots trop durs pour accabler ce nouveau bouc émissaire, dont on espérera au plus haut niveau qu’il canalisera la vindicte du bon peuple, par ailleurs appelé à être sous peu l’électeur du prochain président de la République.

Après , c’est un ténor de la qui trébuche. Bien entendu, on nous expliquera une fois encore qu’il n’y a rien d’illégal dans le fait, lorsque l’on est parlementaire, d’employer ses parents ou ses proches. Que c’est le système qui veut ça. Et que s’il est moralement condamnable, il est pénalement inattaquable, ou presque.

Et le bon peuple, justement, ne manquera pas de réagir. De crier haro sur le(s) baudet(s). De s’indigner avec force. D’appeler même à la pendaison (symbolique) des coupables. Mais il ne s’interrogera pas une seconde sur ce qui a rendu tout ça possible. Car enfin, à qui fera-t-il croire qu’il n’était pas au courant, depuis longtemps, de ces pratiques douteuses ? N’est-ce pas ce bon peuple qui, en diverses circonstances, a remis par ses votes successifs des individus condamnés par la dans le circuit politique ? N’est-ce pas lui qui a fermé les yeux par connivence, complaisance ou, tout simplement, par lâcheté ?

Comment s’étonner alors que nous en soyons arrivés à une telle situation ? Ces absolutions électorales répétées n’ont fait que conforter nos élus dans ces pratiques douteuses que nous dénonçons avec force maintenant. Quant aux abstentionnistes qui se réfugient facilement derrière un “tous pourris” pour éviter d’avoir à se prononcer, ils sont, par leur démission, tout aussi coupables.

Oui, nous avons la classe politique que nous méritons. Aussi, si nous voulons changer les choses, faudra-t-il faire preuve d’un peu de courage et ne pas hésiter à sanctionner un système dont nous ne voulons plus. Pour autant, dans l’immédiat, le choix politique qui nous est offert pour les prochaines ne garantit en rien cette moralisation de la vie publique que nous appelons de nos vœux.

Alors, à tout le moins, exigeons de tous nos candidats à l’élection présidentielle, actuellement peu diserts sur le sujet, qu’ils s’engagent solennellement sur un projet concret visant à changer radicalement les comportements de nos élus. Qu’ils promettent, s’ils sont élus, d’intégrer dès les premiers mois de leur mandat, dans notre et dans la loi, des règles strictes qui éviteront les écarts comportementaux inacceptables que nous connaissons aujourd’hui. Pour l’heure, que la fasse son travail et qu’elle mette autant de zèle à poursuivre Le Roux qu’elle en a mis à poursuivre Fillon.

22 mars 2017

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