Vendredi 15 novembre, suite à un tweet alarmiste au sujet d’une “pénurie volontaire de , j’appelle une des boutiques Armor Lux de Paris. À ma grande surprise, la vendeuse me répond que la production de couvre-chefs a été stoppée en raison d’une “importante commande de marinières” à honorer.

“Vous savez, me dit-elle gênée, elle n’est pas grande, notre usine à Quimper…”

Étonnée et dubitative, je décide d’appeler l’usine même à Quimper. Une voix feutrée et tout aussi gênée me délivre mot pour mot l’argumentaire peu crédible de la vendeuse de Paris. Je ne peux m’empêcher de m’exclamer : “Mais vous ne fabriquez qu’un seul produit à la fois ?”

“Vous savez, elle est pas bien grande, notre usine, ici…” Puis noyée dans de laborieuses explications, la secrétaire de l’usine nous explique que la production de bonnets reprendra peut-être en décembre.

En raccrochant, je constate avec stupeur que la Toile s’émeut de manière contagieuse de cet arrêt de fabrication. Ni une ni deux, j’appelle alors la grande boutique de Lyon que je connais. Par chance, il lui reste une vingtaine d’exemplaires du fameux bonnet. La personne au bout du fil m’indique alors que, puisque ma commande est de 100 unités, elle peut passer un coup de fil à l’usine pour commander le reste. Ravie, je lui demande de me confirmer par téléphone les délais de livraison concernant le reliquat des bonnets.

16 h 30, le téléphone sonne : “Boutique Armor lux Lyon à l’appareil, je vous rappelle concernant votre commande de bonnets rouges…” La nouvelle retentit à mes oreilles telle une déclaration de guerre : l’usine a arrêté la fabrication malgré les commandes ! Ma vendeuse, désorientée, ne saisit pas la portée de ses mots. J’entends qu’elle réalise soudain l’absurdité des raisons invoquées : le bonnet rouge n’étant pas un produit permanent, et comme ils sont en rupture de stock, ils n’en recommanderont pas… malgré les nombreuses commandes.

La Toile flambe à l’heure où je vous parle, et les rumeurs vont bon train : le gouvernement en serait-il réduit à nous confisquer nos jouets ? La gauche a-t-elle peur du peuple à ce point ? Devrions-nous dès à présent acheter des palettes de fourches et les stocker de peur d’une future mainmise sur tous les Castorama de France ? L’usine Nike sera-t-elle sommée d’arrêter sa production si nous battons tous le pavé chaussés de baskets à la virgule ?

Si tel est vraiment le cas, alors nous pouvons considérer que l’effondrement du portail de la préfecture de Morlaix n’était qu’une répétition car dehors, on ne joue plus.

J’en appelle à la solidarité nationale : avant que la TVA ne passe à 20 %, allez acheter votre bonnet chez Armor Lux et rendez-vous le 26 janvier 2014 pour un jour de colère qui promet d’être mémorable, haut en couleur et 100 % made in France !

15 novembre 2013

À lire aussi

Isabelle Surply : « Nous sommes en colère, le meurtrier de Victorine a un casier judicaire… Il faut réformer le système pénal »

Élue régionale, mais aussi mère de famille et amie de la famille de Victorine Dartois, Isa…