À l’UMP, on peut tout accepter : repris de justice, incompétents, petits tricheurs, gros magouilleurs et même putschistes d’opérette, voire perdants professionnels. Mais un homme qui veut sortir des sentiers battus, un homme qui veut sortir du piège tendu depuis trente ans par la gauche, ah ça, non !

Cet homme de 46 ans, dont le courage ne doit pas être la moindre qualité, s’appelle Philippe Herlin.

Économiste, ancien membre du FN, se définissant comme « libéral-conservateur », il avait posé sa candidature à la présidence de l’UMP en vue de la prochaine succession de Jean-François Copé. Herlin avait une proposition choc : que la accepte de nouer des accords (locaux), au cas par cas, avec le Front national. Soit assurer presque partout la défaite totale de la gauche. Soit faire – enfin – tomber le mur de Berlin qui entoure la droite dite de depuis les années 1980… et qui sclérose la jusqu’à l’absurde…

Le candidat Herlin ne prenait pas un gros risque avec son électorat : une partie importante des personnes qui votent UMP étant favorable à des accords avec le FN (40 à 50 % selon les sondages). La question de l’euro étant l’une des seules qui séparent réellement frontistes et umpistes.

Herlin a sans doute feint d’oublier que l’UMP n’était en fait qu’un mouvement soviétoïde où une seule ligne est tolérée, celle de la soumission à l’antique diktat mitterrandien : en dépit de la réalité du terrain, pas d’accord avec… le désormais premier parti de France.

La candidature a donc logiquement été rejetée : « Le Bureau politique [comprendre le Politburo] a estimé, à l’unanimité, que ladite déclaration, dans laquelle vous vous présentez comme “favorable à des accords électoraux avec le FN”, portait “atteinte à l’image de notre formation politique” et constituait “une faute grave de la part d’un potentiel candidat à la présidence de notre mouvement” », lui a écrit – dans un courriel révélé par Le Figaro – Anne Levade, présidente de la Haute autorité en charge des validations. Un peu sonné par l’oukaze, le dissident a avoué sa stupéfaction : « C’est hallucinant, ça ne tourne pas rond […] La Haute autorité se soumet au Bureau alors qu’elle est censée être indépendante. » Censée être indépendante, en effet, comme l’UMP est « censée » être de droite…

Si tout se passe comme convenu, Sarkozy ou Juppé prendront la tête de l’UMP, le mur de Berlin sera maintenu pour quelque temps encore. Et puis, un jour, un anonyme commissaire ouvrira les vannes. Aucun mur, aucun dogme ne peut résister à la réalité. L’UMP-RDA vivra elle aussi une terrible perestroïka. Car, ainsi que disait Gorbatchev : « Qui arrive en retard est toujours puni par l’Histoire »…

4 septembre 2014

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