Editoriaux - Histoire - Théâtre - 28 juin 2016

À un mois des Jeux olympiques : le Brésil à poil et la tête dans le…

Notre jeunesse use aujourd’hui de quelques expressions imagées que la morale et l’éducation donnée par ma sainte mère devraient m’interdire de reproduire ici, mais la conscience professionnelle m’y oblige.

Éloignons d’abord les enfants car nous allons parler cru…

Je retiendrai essentiellement deux de ces expressions. La première indique qu’il faut se remuer, passer à la vitesse supérieure : on parle alors de « se sortir les doigts du c… ». La seconde désigne ce qu’on appelait autrefois la gueule de bois. Expression tombée en désuétude, notre jeunesse qui picole parlant généralement, en ces lendemains de cuite, d’avoir « la tête dans le c… ».

Je sais, o tempora, o mores…

Bref, si je vous en parle ici, c’est parce que ces deux expressions semblent avoir directement inspiré des artistes brésiliens pour le spectacle, subventionné par l’État, qu’ils ont récemment donné dans la ville de Juazeiro do Norte. Le Brésil étant sur la sellette avec l’organisation ruineuse et calamiteuse des Jeux olympiques et la destitution de sa présidente Dilma Rousseff à la gestion non moins ruineuse et calamiteuse, l’histoire a fait le tour de la planète.

Le spectacle en question consiste, en effet, en une ronde d’un genre spécial : la troupe des huit « comédiens » entièrement nus y tourne en rond, chacun ayant la tête dans le c… du voisin de devant, puis au tour suivant lui mettant un doigt au même endroit. Précision utile : la parité est respectée.

Bien que le Brésil soit réputé pour son culte du corps – les jeunes gens s’y faisant greffer à qui mieux mieux des seins, des fesses ou des barres de chocolat en silicone –, la chose a fait scandale. Car Macaquinhoe (c’est le titre du spectacle) est largement subventionné par l’État en pleine déconfiture.

On ne sait pas, hélas, quel est « l’argument » de Macaquinhoe, quelle philosophie préside à cette chorégraphie. On ne peut qu’imaginer. Peut-être est-ce justement une métaphore de l’État brésilien, une représentation des rapports du gouvernement avec son peuple ? Une adresse, en quelque sorte, quelque chose comme : « La démocratie, vous savez où vous pouvez vous la mettre ? » Ou bien, plus simplement : « Vous avez cru qu’avec Lula et Rousseff, ce serait différent ? Ah ! Ah ! Ah ! Vous l’avez tous dans le c… ».

On se perd en conjectures.

À moins – c’est possible, aussi – que ces adeptes du reniflage et du renfilage de trou de balle n’aient cru, pauvres naïfs, accomplir là une transgression de l’ordre moral… Mais il n’y a plus rien à transgresser, en ce bas monde ! Plus aucun tabou à briser, sinon se proclamer adorateur d’Hitler, et encore. Même les banquiers de Daech ont pignon sur rue, alors, le nu, pensez… D’ailleurs, on a vu bien pire dans les années soixante, notamment au Théâtre universitaire de Nancy quand un certain Jack Lang en était le promoteur. Non seulement on se promenait à poil sur scène, mais on y copulait et l’on pissait même sur les bourgeois du parterre, lesquels applaudissaient à tout rompre devant tant de génie !

Il y a des jours où je me demande si cette planète n’aurait pas besoin d’un bon coup de lance-flammes, histoire de la débarrasser de tous ses parasites que sont les humains…

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