Editoriaux - Histoire - Justice - Société - 8 février 2017

À Rouen, au programme d’un spectacle pour enfants : gender et révolution !

Paru en 1957, Tistou les pouces verts est un charmant roman de Maurice Druon qui raconte l’histoire d’un petit garçon aux pouvoirs extraordinaires : il a les pouces verts. Grâce à ce don, il lui suffit de poser ses pouces sur n’importe quelle surface pour faire jaillir des plantes.

Révélé par le jardinier Moustache, ce pouvoir permet à Tistou de faire le bien autour de lui. C’est ainsi qu’il fleurit la prison de la ville et transforme ce lieu de désespoir en un endroit de réhabilitation des détenus ; qu’il fleurit un taudis où vivent des miséreux ; qu’il transforme, enfin, les canons fabriqués dans l’usine de son père en armes de projection massive… de fleurs, qui rétablissent bien vite la paix entre ennemis, après que le général en chef de l’armée adverse a perdu son képi, emporté par un bouquet.

Tistou se lit donc comme une utopie amusante, dans laquelle l’enfant s’applique à mettre de la beauté dans un monde gris, avant de planter avec soin l’échelle végétale qui lui permet de monter au ciel.

L’Opéra de Rouen, qui met en scène chaque année un opéra participatif, a confié au metteur en scène Gilles Rico la création de l’œuvre, « revisitée » à sa manière, dans le cadre plus large du thème d’année : le libertinage. Tout un programme… L’œuvre est destinée aux enfants, et tous les écoliers de l’agglomération sont invités à y participer. Malheureusement, d’un conte délicieux le metteur en scène a fait un spectacle de propagande qui mêle joyeusement idéologie du genre et marxisme le plus éculé.

La note d’intention est explicite : “Tistou n’est pas un jeune garçon mais une jeune fille que sa famille déguise. Dans cette société patriarcale où l’exercice du pouvoir est exclusivement masculin, Tistou est forcé d’aller à l’encontre de sa vraie nature et de ressembler à un homme. S’il ne réussit pas à l’école, c’est parce que cette dernière n’est qu’un instrument de propagande servant à formater les esprits et à perpétuer l’ordre établi et ses iniquités. […] Tistou va ainsi découvrir au gré de ses rêveries le doute et commencer à questionner le système en place.”

D’un petit garçon de conte de fées, le réalisateur fait donc une fille, afin de rappeler que notre identité sexuelle n’est qu’une construction sociale, ici imposée par les parents. Du pur Vallaud-Belkacem dans le texte. Mais parce que le gender n’est qu’une composante de la révolution globale, Tistou doit aussi être un révolutionnaire : “Tistou découvre les inégalités, les mécanismes d’oppression, les injustices de cet ordre social en apparence parfait, cautionné et entretenu par la classe dirigeante. […] Cette prise de conscience est cruciale dans la formation de Tistou car elle ouvre la voie au questionnement de l’ordre établi et à une volonté d’émancipation par rapport au système totalitaire qui régit les rapports sociaux. Le message humaniste, écologiste et pacifiste que porte Tistou ne cesse d’être actuel.” Dès lors, “il devient ainsi sciemment un élément subversif, acteur d’une révolution douce qui donne à entrevoir une société plus juste et plus égalitaire, où hommes et femmes ont les mêmes droits et où l’obéissance aveugle à des règles laisse sa place à une autre manière, plus raisonnée, de vivre ensemble, dans la paix et en adéquation avec la nature”. En bref, Tistou, c’est Yannick Jadot.

Voici une entreprise de déstructuration des enfants qui ne laisse pas certains parents indifférents. Par le biais d’une œuvre au titre rassurant, évoquant les contes de notre enfance, l’Opéra de Rouen, financé par le contribuable, instille dans l’esprit de gamins de 8 à 12 ans l’idéologie subversive à la mode actuellement. Non sans quelques chances de succès, puisque les instituteurs et directeurs d’école, souvent ignorants des enjeux, s’apprêtent à répondre à l’invitation.

Alerté, l’enseignement catholique annulera-t-il la participation de ses élèves à ce spectacle de propagande ? Il lui appartient, en prenant ses responsabilités, de montrer que le caractère propre de ses écoles n’est pas qu’une formule dénuée de sens. C’est son devoir et sa mission.

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