À quand une Algérie membre de la Francophonie ?

L’Algérie est l’invitée spéciale du « 16e sommet des chefs d’État et de gouvernement de la francophonie » qui s’est ouvert samedi 26 novembre à Antananarivo (Madagascar). L’Algérie est, actuellement, l’un des plus grands pays francophones du monde et elle y est représentée par son ministre des Affaires Étrangères, Ramtane Lamamra.

Malgré cet avantage qu’elle n’apprécie pas à sa juste mesure, elle n’est pas membre de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie), bien que son adhésion soit souhaitée par la France, et cela pour des raisons uniquement politiciennes exigées par ses gouvernements successifs depuis plus d’un demi-siècle, qui considèrent l’OIF comme un espace politique, issu de la colonisation, et non pas linguistique ou culturel.

Se sont-ils, une seule fois seulement, posé la question, ces gouvernements successifs ainsi que l’actuel, de ce que serait l’Algérie sans les bienfaits de cette colonisation, dont l’un des principaux fut, justement, de leur avoir offert sa culture et ses valeurs ?

La langue française est présente à tous les niveaux dans ces pays qui furent « colonisés » : l’administration publique, l’éducation, l’enseignement supérieur, l’école, les médias, les systèmes de santé, l’industrie, le commerce, l’édition littéraire, etc. C’est la première langue enseignée, loin devant l’anglais et l’espagnol.

Lors du 21e Salon international du livre, en novembre, à Alger, le ministre des Affaires maghrébines, Abdelkader Messahel, s’était élevé contre « l’aliénation de leur système d’éducation hérité de la colonisation et qui perdurait ». Suivi, dans cette accusation, par l’Africaine Hulo Guillabert, qui « estimait que son pays, le Sénégal, était encore aliéné par le système éducatif colonial ».

Actuellement, la francophonie regroupe 80 États et, dans 25 ans, 80 % des « francophones » dans le monde seront des Africains. La critique est sans doute aisée, mais comment feraient tous ces pays d’Afrique, y compris le Maghreb, pour se comprendre entre eux s’ils n’avaient pas bénéficié de la culture française ?

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