On considère en général que le 1er novembre 1954, baptisé Toussaint rouge, est symboliquement la date de début de la guerre d’Algérie. Certains considèrent également que le 19 mars 1962 marque la fin de la guerre d’Algérie. Bien entendu, il n’en est rien, tout cela est faux. Si une date devrait être retenue comme début de la guerre d’Algérie, ce pourrait être le 8 mai 1945 et les événements dramatiques qui s’y sont déroulés : massacre d’une centaine d’Européens (enfants, femmes et vieillards) qui fêtaient la fin des hostilités et répression brutale (plusieurs milliers de morts) ordonnée par le gouvernement communiste de l’époque sous les ordres de De Gaulle.

En ce qui concerne le 19 mars 1962 et les accords passés à Évian, il ne s’agit en réalité que d’un cessez-le-feu unilatéral de l’armée française et, tout au contraire, le démarrage d’un génocide programmé (la valise ou le cercueil) de toute une population non musulmane afin qu’elle quitte l’Algérie devenue indépendante. Il s’en est suivi des milliers d’enlèvements civils et militaires, de disparus, d’exécutions, de crimes, notamment à Oran le 5 juillet 1962.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, les opérations étaient lancées par différentes équipes réparties sur tout le territoire.

« Toussaint rouge » est un bien grand mot, compte tenu du bilan relativement mitigé de ces attentats : 9 morts au total, 3 bombes (Radio Alger, Gaz d’Algérie et pétroles Mory) qui explosent et une vingtaine d’autres qui n’explosent pas, des bombes fabriquées pour faire beaucoup de bruit et peu de dégâts, à base de chlorate de potasse, quelques attaques de fermes, des récoltes brûlées, des poteaux télégraphiques coupés, des mitraillages contre les murs d’une gendarmerie (Cassaigne) et de deux casernes (Boufarik et Blida).

La première victime de ce 1er novembre sera un jeune homme de 22 ans, à peine libéré du service militaire, Laurent François. Il est abattu devant la gendarmerie de Lapasset. Les autres victimes sont le lieutenant Darnault ainsi que deux spahis à Kenchela ; le garde forestier Braun près de Saint-Denis-du-Sig ; le brigadier-chef Eugène Cohet et un soldat, Pierre Audat, du 9e régiment des chasseurs d’Afrique ; Hamed Harouk, un agent de police à Dra-el-Mizan ; et enfin le plus spectaculaire, celui dont s’empareront tous les médias métropolitains : l’assassinat du caïd de M’Chouneche, Ben Hadj Sadok et du jeune instituteur Guy Monnerot (sa jeune femme, Jeanine, sérieusement blessée à la cuisse droite sera sauvée. Elle décèdera 40 ans plus tard le 11 novembre 1994), dans le car qui faisait le trajet entre Aris et Tifelfel, dans les gorges de Tighanimine.

Après ce 1er novembre 1954, il ne se passera plus une seule journée et une seule nuit sans attentats, sans meurtres, sans explosions. Le processus était enclenché.

Le 10 novembre 1954, François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur, prononçait ces phrases : “L’Algérie est partie intégrante de la nation française. Il se trouve que l’Algérie c’est la France parce qu’il se trouve que les départements de l’Algérie sont des départements de la République française. Qui hésiterait à employer tous les moyens pour préserver la France ? La France ne reconnaîtra pas chez elle d’autre autorité que la sienne.”

Toujours en cette fin d’année 1954, c’était au tour de Pierre Mendès France de s’exprimer : “Les départements d’Algérie constituent une partie de la République Française. Ils sont français depuis longtemps et d’une manière irrévocable. Jamais la France, aucun gouvernement, aucun Parlement français, ne cèdera sur ce principe fondamental.”

Nous connaissons la suite… De Gaulle est arrivé. Dès 1956, il avait des contacts secrets avec l’Organisation extérieure de la rébellion algérienne et, en 1958, il utilisait Abderrahmane Farès comme intermédiaire avec le futur GPRA.

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