À Nice, une rue gangrenée par le trafic de drogue au milieu des passants

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Ce sont les riverains excédés qui ont alerté le député de leur circonscription, Éric Ciotti. Depuis plusieurs années, la rue Emma-et-Philippe-Tiranty, à deux pas de la basilique Notre-Dame, a été colonisée par des groupes de toxicomanes qui trafiquent et consomment en pleine rue, au vu et au su de tous, sans que nul ne puisse, semble-t-il, faire cesser ce trafic, source de violence, d’agressions, de nuisance et d’insécurité.

Des habitants désabusés

Un hôtelier de la rue, complètement désabusé, parle d’une situation qui daterait… de l'année 2008, l’obligeant à escorter ses clients par peur d’une éventuelle agression en plein jour. Les seringues jonchent le sol, à tel point que nul n’ose s’y aventurer. Une esthéticienne raconte à la presse locale qu’elle a été agressée à la piqûre dans cette même rue où elle exerce son métier, « sans raison ». Une autre évoque des menaces de mort et des rixes entretenant un climat de terreur dans tout le quartier, au-delà des nuisances sonores et du tapage.

Aujourd'hui, ce n’est plus la peur qui règne mais la colère. Vendredi dernier, le 28 juillet, une dizaine de riverains et commerçants avaien donné rendez-vous au député Éric Ciotti pour manifester leur écœurement.

« Il faut qu’ils partent », explique l’un d’entre eux, dénonçant le fait que ce sont tous « des étrangers, la plupart en situation irrégulière et sous OQTF », information qu’aurait délivrée le référent de la police nationale. Et les réunions de comité de quartier organisées par la ville pour recueillir les doléances des habitants ne débouchent sur rien.

« Ils nous renvoient vers le préfet », entend-on, à mots couverts, pour expliquer que tout le monde se renvoie la balle pour éviter d’avoir à assumer la salubrité et la sécurité de ce quartier, pourtant situé à côté de l’avenue Jean-Médecin, une artère très touristique menant à la place Masséna.

Mais la ville explique que la prise en charge des populations toxicomanes serait la compétence de l’État, étant un problème de santé publique. Éric Ciotti dénonce une « zone de non-droit au cœur de Nice » et le « résultat d’une immigration incontrôlée ». Il en appelle au préfet pour faire cesser ce trafic sans délai.

 

Cependant, ces phénomènes sont endémiques à Nice : en octobre 2022, Nice-Matin révélait qu’un trafic de drogue s’était déployé dans un parking en accès libre devant la villa Majestic, engendrant alcool, agressions et incivilités en tous genres, devant les riverains excédés. Le 27 avril 2023, la rue de Suisse, traverse piétonne contre la basilique Notre-Dame, était visée pour la recrudescence du trafic de drogue, dans un quartier pourtant revalorisé il y a dix ans, avec un jardin pour enfants situé derrière la basilique.

Et ce, malgré les patrouilles de police qui apportent un semblant d’ordre dans ce quartier fortement communautarisé du centre-ville, à proximité de la gare. Les habitants passent devant des épaves humaines à même le sol, au milieu des détritus et des seringues, dans l’indifférence générale.

En octobre 2022, la ville annonçait son refus de voir s’installer un centre d’accueil pour les toxicomanes, boulevard Tzarewitch, projet porté par la Fondation de Nice. Ce projet a été pourtant validé et financé par l’agence régionale de santé et devait voir le jour « sous peu ».

« Après plusieurs années d'inertie », Éric Ciotti a finalement obtenu l'organisation d'une intervention de police rue Tiranty, ce 2 août.

Sabine Faivre
Sabine Faivre
Auteur, essayiste

Vos commentaires

42 commentaires

  1. Facile de rejeter la responsabilité sur le maire (même s’il ne me plait pas) ou sur le député (même s’il ne me plait pas non plus) quand c’est à la tête de l’État et au ministère de la justice que la responsabilité incombe. Si les maires commencent à faire leur boulot, pourquoi se fatigueraient-ils ?

  2. Si on commencait par appliquer la loi et renvoyer illico tous les illégaux et OQTF ça ferait déjà du monde en moins , ce ne sont pas sur ceux là qu’ils faut compter pour travailler en France comme veut nous le faire croire Macron . Que fait le préfet ? Nice n’est pas un cas isolé , le problème gangrène trop de villes dans ce pays ou tout est permis pour les voyous . Envoyer l’armée s’il le faut pour érradiquer ce fléau . Et on veut nous faire croire que nous avons là des chances pour la France , de qui se moque t’on .

  3. La France, c’est un grand territoire avec des zones de non-droit. Mais bientôt, ce sera un grand territoire avec des zones de droit, si on continue à voter pour les mêmes. Quand on sait qu’Edouard Philippe commence à revendiquer une place de dauphin, la dégringolade de la France n’est peut-être pas finie !… Ils sont en train de peaufiner la succession du mozart de la finance (et de la diplomatie!) …

  4. On ferait bien de faire un procès à l’ignoble Maire actuel qui ne s’occupe de sa ville que pour emmerder ses habitants à commencer par les travaux qui doivent lui rapporter beaucoup de commissions

  5. Faut-il que toute la France soit gangrénée par les trafiquants et les racailles de tous poils pour que le Gouvernement fasse enfin appel à notre ARMEE pour assainir le pays de toute cette vermine ou faut-il qu’il y aie de nouvelles émeutes ?

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