Le cardinal Barbarin, archevêque de , a donné une interview au Parisien, publiée en ce jour de Noël. Balayant tous les sujets du moment, celui des prochaines élections n’a évidemment pas été oublié. Si l’on avait encore le moindre doute sur l’orientation politique, voire idéologique, des journalistes des grands médias – et pourtant, Le Parisien n’est pas le pire -, il suffit de lire certaines questions posées au primat des Gaules.

Celle-ci, notamment : “Que dites-vous aux catholiques qui entendent voter FN à la présidentielle ?” Pourquoi cette question spécifique ? Les dirigeants et les électeurs du Front national ont-ils été un jour frappés d’excommunication ? Sa doctrine a-t-elle été jugée “intrinsèquement perverse” comme ce fut le cas du communisme, à travers l’encyclique Divini redemptoris, signée en 1937 par le pape Pie XI ? Les prises de position d’un certain nombre d’épiscopes, notamment en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen accéda au second tour de l’élection présidentielle, n’avaient pas plus de valeur doctrinale ou canonique que celles des Enfoirés ou de BHL !

Pourquoi le journaliste ne pose-t-il pas cette question : « Que dites-vous aux catholiques qui entendent voter socialiste à la présidentielle ? » Cela ferait sens, comme on dit dans le jargon jargonnant de certaines sacristies médiatiques, non ? Les socialistes, à chaque fois qu’ils ont été au pouvoir dans ce pays, n’ont-ils pas œuvré pour détruire la , cellule fondamentale de la communauté humaine ? On ne citera pas, faute de place, toutes les lois votées par les gouvernements socialistes, lois qui nous ont amenés au mariage homosexuel, à la banalisation de l’avortement et nous conduisent tout doucement à la reconnaissance de facto de la PMA et de la GPA.

Pourquoi le journaliste ne pose-t-il pas aussi cette question : « Que dites-vous aux catholiques qui entendent voter pour François Fillon à la présidentielle ? » Un François Fillon qui a écrit dans son livre programme Faire que le droit à l’avortement est un droit fondamental, puis est revenu sur ses propos dans un meeting en juin 2016, déclarant que “ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c’est que c’est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement, et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l’avortement.” “Quod scribsi, scribsi”, serions-nous tenté de lui rétorquer. On juge le politique sur ses actes, non sur ses convictions personnelles.

Mais le journaliste n’a pas posé ces questions.

Ceci dit, l’Éminentissime Seigneur a apporté des réponses pour le moins intéressantes et à méditer.

La première : “… que les chrétiens votent en fonction de leurs convictions, c’est la moindre des choses.” Une évidence ? Pas certain, lorsqu’on lit les propos de François Fillon, un François Fillon qui, du reste, était absent de l’Assemblée, le 1er décembre dernier, lors du vote de cette fameuse loi sur le délit d’entrave numérique à l’IVG (“le début de la police de la pensée”, selon les propos du cardinal).

La seconde, spécifiquement adressée aux électeurs de Marine Le Pen : “Votez pour ce qui vous paraît être le bien véritable de ce pays, pour celui qui fera progresser la paix, la sécurité, l’emploi, l’éducation, la santé, le respect des plus petits… Et pas parce que vous êtes révoltés et que vous jugez que les politiques sont pourris. Il est facile de tout critiquer. On a le droit de contester, mais il faut surtout construire.”

On est bien d’accord. Merci, Éminence, pour ce cadeau de Noël !

25 décembre 2016

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