À Limeil-Brévannes, la guérilla urbaine est une activité payante !

Commençons par une lapalissade : l’économie parallèle est une économie qui irrigue grassement l’économie dite légale, ce qui fait qu’on ne cherche pas vraiment à la combattre.

On s’inquiète beaucoup pour tous ces jeunes en “décrochage scolaire”. On a raison. Il n’en reste pas moins qu’un certain nombre parmi eux sont insérés dans la vie active, bien avant l’âge légal de la retraite scolaire, et quand d’autres s’escriment sur le bac, ceux-là sont déjà à la tête d’une petite entreprise qui ne connaît pas la crise. Certes, ils parlent plus aisément le wesh wesh que la langue de Voltaire, mais pour ce qui est de compter, ils sont imbattables.

Ces jeunes-là sont d’ailleurs un modèle : ils prennent des stagiaires à la porte des écoles primaires pour faire le chouf et sont champions de l’alternance dès le collège. Pas de CDD chez eux, leurs recrues décrochent tout de suite un CDI, et l’apprentissage est, dans leur secteur d’activité, une voie royale vers le succès.

Force est, également, de reconnaître qu’ils sont aussi pleins d’imagination pour développer l’entreprise. On apprend ainsi, dans Le Parisien de ce vendredi, que sept jeunes ont été interpellés (dont trois étaient déjà en prison !) et cinq déférés mercredi soir devant le tribunal de Créteil pour avoir organisé le réveillon très festif de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), le 31 décembre dernier.

Un réveillon tout empreint de “traditions”, puisqu’on inscrit désormais la guérilla urbaine dans celles de fin d’année aux côtés du sapin, du père Noël et de la crèche provençale.

Donc, ce 31 décembre 2018, « ce sont 2 h 30 de violences urbaines à la cité de la Sémaroise de Limeil-Brévannes. On voit d’abord un incendie au milieu de la route. Puis une voiture — on saura plus tard qu’elle a été volée — vient se garer juste à côté. Une dizaine de personnes la retournent sur le feu, sous les acclamations des participants. Deux scooters et des conteneurs partiront également en fumée », rapporte Le Parisien. Ça, c’était l’entrée. Vient ensuite le plat de résistance : « Quand les policiers arrivent, la deuxième partie de soirée commence. » Guets-apens, jets de projectiles sur les forces de l’ordre, échauffourées, etc.

Tout cela ne serait, en effet, que tradition républicaine en zone de non-droit un soir de réveillon, donc une grande banalité qu’on n’évoque même plus, si la police n’avait découvert que cette soirée récréative était non seulement planifiée, mais savamment organisée « avec des barricades, des voitures brûlées, de l’alcool, des mortiers et des accrochages avec la police ». Et, mieux encore : « Les enquêteurs ont également découvert que pour se joindre à la “fête” il fallait acheter un billet d’entrée. »

Si j’étais une belle personne, je dirais qu’il faut s’en réjouir car cela prouve, de la part de ces jeunes gens, un réel effort d’intégration : on paie tous le dîner de réveillon, les langues de belle-mère et les cotillons.

Comme toujours, la scène a été filmée. Comme toujours, il y a des réclamations : « Ramenez l’argent », dit l’un quand un autre se plaint : « Y a ceux qui payent des bouteilles et d’autres qui font la guerre. » Eh oui, il y en a toujours qui font tapisserie sur le bord de la piste de danse…

Moins poétique, on en entend aussi qui appellent à « fumer » les flics, avant de clore la vidéo sur un « ça va être la guerre » et « bonne année ! »

Autre nouvelle de ce jour : décembre 2018 constitue le record absolu des actes de violence contre les policiers, avec 5.027 actes recensés. C’est plus qu’au cours des émeutes de 2005. La panoplie des projectiles et du matériel employés contre eux ne cesse de s’étoffer.

On peut alors se demander si nos commerçants de banlieue ne proposent pas des kits tout prêts : masque à gaz, marteau, boules de pétanque, boulons, acide… Peut-être même qu’ils font des soldes !

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